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31.07.2007

Factures

Bon, puisque tu as été obligée de fouiller mes tiroirs, tu as vu. Les rappels d’Electrabel, de Belgacom, de Mobistar. Je l’avoue, j’ai un mal fou à payer mes factures. Des fois, je les sors même pas de l’enveloppe. C’est pas par radinerie que je fais ça, non. C’est bêtement une question d’organisation. La paperasse, j’y arrive pas. J’y suis jamais arrivée.

T’inquiète pas, je finis toujours par arranger les choses. Ca ne va jamais plus loin que le deuxième rappel. Mais tu as raison, c’est idiot de devoir payer des frais « administratifs » parce que je ne suis pas foutue de faire un virement à temps. Surtout qu’avec le Home Bank, c’est facile maintenant.

Avec ton sens pratique, tu vas me dire : t’as qu’à faire une domiciliation, ainsi tu ne dois plus y penser. Si je t’en laissais l’occasion, tu le ferais même à ma place. Ca m’arrangerait, évidemment. Comme ça m’a arrangée que tu aies appelé la firme de décafardisation ce matin.  Mais quand même, j’ai honte que tu fasses toujours les choses à ma place. A mon âge.

J’allais le faire, tu sais, le truc des cafards. Plus tard. Dans une semaine ou deux. J’aurais laissé un peu traîner les choses, comme d’habitude. Ca n’aurait pas été une catastrophe, mais c’est quand même beaucoup plus malin de le faire tout de suite, avant que ça ne prenne de plus grandes proportions. Tu as raison.

Quand je suis en couple, je n’ai pas ce problème. Je l’ai moins en tout cas. Soit je refile cet aspect du ménage à l’autre, soit il me rappelle à l’ordre quand le courrier s’entasse. Quoi qu’il en soit, je m’organise mieux. Toute seule, je ne suis bonne à rien. Mon régime alimentaire laisse à désirer, mon ménage n’en parlons pas. Personne ne vient de toute façon. Qu’est-ce que ça peut faire si mes draps ne sont pas propres ?

Toi qui as tellement l’habitude de faire les choses comme il faut, je me demande parfois comment tu fais pour me comprendre. Car c’est ça le pire : tu me comprends. Quand tu viens à la maison, je fais du camouflage grossier : je passe un coup de torchon, planque les papiers qui traînent et remplis un peu mon frigo. Mais je sais que tu n’es pas dupe. Tu sais comment je suis.

Je viens de payer deux factures ce soir. C’est bien, hein ? Je pense que je suis à peu près en ordre maintenant. C'est fou comme ça me soulage. Ca m’a pris cinq minutes.

30.07.2007

Catch 23

Ils avaient plus Catch 22 à ma librairie. Alors j’ai pris Catch 23. 

Au cas où tu le saurais pas (m’étonnerait), c’est un recueil de nouvelles. Je viens d’en lire quelques unes dans le train, et bien je trouve ça vraiment bien.

La première nouvelle s’appelle « Je ne t’aime plus ».  Déjà, j’aime beaucoup le titre. C’est l’histoire d’un type qui retourne chez lui (après la guerre, on suppose) et qui a du mal à se réadapter. Il se dispute violemment avec se femme.

Le gars en question a beaucoup de toi, je te le dis tout de suite. Ce dialogue me plaît particulièrement :

« Je ne t’aime plus ».
Elle se redressa vivement, comme si ces derniers mots l’avaient giflée. « Ce n’est pas vrai, dit-elle.
- Non, dit-il. Mais c’est pourtant le cas. C’est comme ça et tant que ce sera comme ça, autant affronter la réalité en face.Il serait absurde de faire traîner un truc désagréable. La gentillesse veut qu’on se serve d’un couteau parce que le cadavre refroidit plus vite ainsi. »

Avant il parle de Gershwin et c’est pas mal non plus. Contre toute attente, l’histoire finit bien. 

Du tact au talc

Ma collègue, qui vient de Mouscron, utilise toujours des expressions "à coucher dehors". Elle vient d'en utiliser une que je trouve très drôle :

"Le tact, pour lui, c'est de la poudre qu'on met sur les fesses des bébés".

Je la ressortirai.

29.07.2007

Si ça me chante d'être de mauvaise foi

(On va faire comme si je ne t’en avais pas parlé tout à l’heure au téléphone.Tu relèveras, j’en suis sûre, que j’ai finalement fait le choix de citer des noms réels dans ce blog. J’essayerai dans la mesure du possible de l’éviter, mais ici je n’avais pas trop le choix). 

C’est juste une constatation amusante : les petites amies des hommes que j’aime (ou que j’ai aimés) portent toutes des prénoms qui évoquent une chanson ridicule. 

Mon grand amour de toujours sort maintenant avec une fille qui s’appelle Hélène. Et je ne peux m’empêcher de penser à la chanson de Rock Voisine. « Seul sur le sable, les yeux dans l’eau. Mon rêve était trop beau. L’été qui s’achève tu partiras. A cent mille lieues de moi ». Bonne nouvelle. Qu’elle se casse vite, cette cruche (je ne l’ai jamais vue, c’est vrai, mais quand même c’est une cruche). 

Tu as deviné que la deuxième cible de ce petit jeu sans conséquence est l’inénarrable Aline. « Et j’ai crié, crié, Aline. Pour qu’elle revienne. Et j’ai pleuré, pleuré. Oh j’avais trop de peine ». Et moi donc… 

Le dernier en date est célibataire (et entend bien le rester, malheureusement pour moi). Mais son ex s’appelait Nathalie. Je suis plus mitigée par rapport à la chanson de Bécaud. Elle a bercé mon enfance. Mais quand même ça ne devait pas être très gai pour elle, quand elle était petite, de s’entendre fredonner à tout bout de champ : « La place rouge était vide. Devant moi marchait Nathalie. Elle avait un joli nom, mon guide. Nathalie ». C’est bien la seule chose qu’elle a de joli à mon avis (et encore c’est une question de goût). Et je doute fort que ça lui arrive souvent de parler en phrases sobres de la révolution d’octobre. 

Ce n’est pas beau de se moquer, je sais. Mais ça détend. 

D’ailleurs, je devrais en faire un critère de sélection pour le prochain candidat à la monopolisation de mon cœur et de mon cerveau.  Ca nous laisse donc : Céline, Mélissa (j’avais une copine qui s’appelait comme ça en primaire, qu’est-ce qu’elle a souffert la pauvre quand on lui parlait de « ses seins tout pointus »), Alisson (de Jordy !), Félicie aussi (il paraît que les vieux prénoms reviennent à la mode) ou, dans un registre plus récent, Lola (cette horrible chanson qui passe tout le temps dans mon supermarché en ce moment). 

Evidemment, il y a plein de chansons qui évoquent ton prénom, mais elles ne sont pas ridicules du tout. Le mien n’a pas inspiré les auteurs-compositeurs de talent. Enfin, mes amis « les amateurs de grande musique » me mettront sous le nez une chanson de Sandra Kim, mais heureusement elle est passée assez inaperçue (et pour cause).

(t'as vu, j'ai mis un lien). 

Pregnant / Not pregnant

Voilà la pub dont je te parlais l’autre soir, en anglais parce que je n’ai rien trouvé d’autre. 

(tu remarqueras au passage que j’arrive même à ajouter des vidéos maintenant - je suis très fière de moi).

 

 

Outre l’aspect complètement surréaliste du spot, c’est plus une question de fond qui m’interpelle : est-ce que la pub pour ce type de marchandise a vraiment un sens ? 

Mon expérience des tests de grossesse est assez limitée. Les rares fois où j’en ai eu besoin (c’était plus pour faire taire une peur irraisonnée qu’autre chose d’ailleurs), je n’ai jamais osé me le procurer moi-même et j’ai lâchement envoyé le potentiel géniteur à la pharmacie à ma place. Ce n’est pas très courageux, je sais. C’est idiot, mais j’ai un blocage avec tout ce qui se rapporte à la reproduction. Par exemple, je n’ose pas aller acheter des préservatifs moi-même. Je sais qu’on en vend dans les supermarchés maintenant, c’est déjà mieux, mais je me vois quand même assez mal déposer « ça » sur le tapis roulant, entre le bain douche et les boîtes de thon. Pour la pillule, ce qui me sauve, c’est qu’il suffit de tendre une ordonnance. On te donne en échange une petite boîte discrète et jamais il n’est fait allusion à une quelconque vertu contraceptive au cours de la transaction.

Je suis ridiculement prude quelquefois, effectivement (d’ailleurs en vrai je n’oserais jamais t’écrire un message pareil – je pourrais à la rigueur t’en parler si j’ai un verre dans le nez, et encore ce n’est pas sûr). 

Quoi qu’il en soit, si jamais j’étais obligée d’aller acheter un test de grossesse moi-même, je m’imagine mal demander à la pharmacienne (ou, pire, au pharmacien) : « Je voudrais un test de grossesse, celui qu’on voit dans la pub et qu’on peut faire pipi dessus ».

Même en faisant l’impasse sur l’aspect comique du dialogue (il se peut en effet – mais j’en doute fortement – que le consommateur ait retenu le nom de la marque), je ne crois pas qu’il y ait beaucoup de gens qui précisent : « Je voudrais un test de grossesse CLEARBLUE ». Je pense que la majorité des gens, dans un moment pareil (on n'achète quand même pas ça tous les jours !), ne mentionne pas de marque et se contente de demander : « Pourrais-je avoir un test de grossesse, s’il vous plaît Madame ? ».   

Toi qui es papa, franchement, dis-moi : est-ce que vous avez fait une étude de marché sur les tests de grossesse avant de vous en procurer un ? Après tout, pourquoi pas, il n’y a pas de raion de ne pas se comporter en consommateur averti sous prétexte qu’il s’agit d’un achat lié à la sphère intime. Quand j’y pense, j’imagine d’ailleurs assez bien ta chère et tendre (qui est beaucoup moins coincée que moi à ce niveau) aller consulter ce qu’on en dit dans les forums de discussion « J’attends un heureux événement » (en cherchant la vidéo de la pub sur le Web, j’ai pu constater que ça faisait en effet beaucoup causer les futures jeunes mamans). 

Tout ça pour dire que la publicité pour les médicaments (ou produits assimilés) me laisse assez perplexe. Il y en a de plus en plus et je n'aime pas trop ça.

Je suis peut-être une pauvre fille qui se laisse berner par les lobbys de l’industrie pharmaceutique qui paient des vacances aux Bahamas à tous les pharmaciens de la planète mais, à supposer que j’aie des mycoses (ça ne m’arrive jamais, évidemment), j'aurais plutôt tendance à demander « un spray pour les pieds » qu'« un spray pour les pieds MACHINCHOSE » (là, en l’occurrence, j’ai oublié la marque qui fait la pub avec les immondes bestioles jaunes qui grignotent les orteils des gens pas propres).

27.07.2007

J'ai le cafard (comme chantait Vaquette)

Y a des cafards chez moi, c'est dégueulasse. Ils ne grouillent pas, non, c'est pas à ce point. J'en vois juste de temps en temps un, qui file le long d'un tuyau ou traîne près de ma poubelle. Mais quand même je n'aime pas ça.

Je le savais qu'il y avait des problèmes de cet ordre quand j'ai commencé les travaux (les pièges hideux "Cafran" ne laissaient pas de doute à ce sujet). Mais je m'étais dit que quand le carrelage serait refait, que les murs auraient été plafonnés et repeints, ces sales bestioles n'oseraient plus se montrer. Tu parles, je sens qu'elles vont me pourrir la vie. Bien sûr, il y a des choses plus graves dans la vie (je vis des choses plus graves en ce moment, et ça me coûte de pas pouvoir en parler avec toi), mais quand même c'est énervant.

Tu te souviens évidemment de ce manga coréen (ça porte un nom, mais j'ai oublié, et je m'en fous) que j'avais acheté chez Filigrane et qui parlait d'un cafard. C'était vraiment un chouette bouquin. Dedans, ils deviennent copains comme cochons, le cafard et le héros. Ils cohabitent bien (le titre me revient d'ailleurs, c'était "Brève cohabitation"). Moi, je n'ai pas l'intention de sympatiser avec aucun de ces insectes, même si je sombre dans la déprime complète.

Je ne sais pas comment il fait le type dans le livre pour n'avoir qu'un seul colocataire d'ailleurs. En général, c'est plutôt nombreux ces bestioles. Quoique. Pour le moment, je n'en ai jamais vu qu'un à la fois. C'est peut-être bon signe. Ou bien ils attendent leur heure pour débarquer en bande. Car en réfléchissant, dans le bouquin, il y a un moment où le cafard se met à pondre. Ce n'est plus très clair dans ma tête (tu sais comme je ne retiens jamais les histoires). Il me semble que la bête tue ses enfants par amour pour son hôte. Ca, j'aimerais bien voir que ça arrive dans la réalité. Et même à supposer que ça soit possible, ça ne m'arriverait certainement pas à moi. Ca serait quand même le comble que le seul être qui se sacrifierait par amour pour moi soit un cafard.  

Ce n'est pas que j'en ai peur, des cafards. Ca n'a rien à voir avec la répulsion que j'ai pour les araignées. Mais c'est une question de principe. Les cafards, ça évoque la pauvreté, les taudis. Et mon appart ce n'est pas un taudis. Ca ne ressemblait pas encore à grand chose la dernière fois que tu es venu (ce fameux jour où tu as décidé que tu m'en voulais). Maintenant c'est plutôt classe. Ma super cuisine arrive dans quinze jours. Il est hors de question qu'un cafard mette les pattes dans une des armoires laquées.

Dès demain, je vais acheter un nouveau stock de Cafran. Il paraît que ce n'est pas bon de tenter autre chose que ce que la firme de décafardisation a mis en place. Je m'en fous. Je leur déclare la guerre à ces bâtards.

26.07.2007

Travail bâché

 
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Salut l'ami. Tu ne m’en voudras pas de me servir de toi pour remplir un peu l’espace de ce blog, beaucoup trop vide pour le moment. Je la poste donc, cette photo que tu aimes bien. Si tu es sage, il y en aura d'autres.

C'est un début

Tu vas me dire que c’est paradoxal, étant donné l’intitulé de ce machin, de coller un objet sur ce premier message. C’est que je me suis rappelée que tu trouvais ridicules les blogs qui ne jouaient pas ce jeu, comme celui de ma copine. Que ce n’était bon ni pour la lisibilité, ni pour le référencement. Je m’en fiche de ces arguments, mais je vais quand même t’écouter pour une fois (par la même occasion, ça me dispense d’aller chipoter dans la configuration, la CSS ou je ne sais pas quoi pour faire en sorte que les titres ne s’affichent pas).

Note que je ne suis pas toujours tes conseils. D’abord, celui-là : « c’est mieux que tu n’aies plus de blog ».

Je t’explique un peu le concept.

Avant que tu n’attrapes la grosse tête, je dois tout de suite te dire : tu n’es pas le seul à qui je m’adresserai ici. L’idée est de faire un blog en « tu » (ou en « vous », selon les cas). Cet interlocuteur pourra tour à tour être un autre de mes amis (en disant cela, ça suppose que nous le sommes encore, amis, mais je là sors du sujet), ou de mes ennemis d’ailleurs (je réserve déjà une bafouille pour ton ex), un collègue de bureau, ma mère, mon électricien ou Dieu (non, là, je rigole bien sûr). Mais comme il fallait bien commencer, je me suis dit « à tout saigneur tout honneur », c’est donc pour ta pomme.

Tu me diras, c’est dégueulasse, on ne peut même pas répondre quand on est mis en cause. Je t’entends d’ici. On a d’ailleurs eu une conversation sur cette question au début de notre relation, avant que ça ne dérape entre nous, et qu’on échangeait encore des banalités sur les « nouveaux médias ». Il faut croire que je n’ai pas retenu les leçons du passé. En plus, je ne suis pas d’accord. La plupart des gens à qui je m’adresserai ont mon mail : toi, mes (autres) amis, ton ex, mes collègues, ma mère et Monsieur Feuillet. Dieu ne l’a pas mais il n’a qu’à le trouver s’il est si malin. Il y a aussi les commentaires si on y tient vraiment, même si je ne tiens pas particulièrement à laver mon linge sale en public (ma démarche ne tient pas debout alors, mais que veux-tu). De toute façon, je ne crois pas que je susciterai plus de réactions par cette voie que via des canaux plus orthodoxes. Mais je m’en fiche un peu en fait. Comme je te le disais il y a un bail, je vois plus le blog comme un moyen d’expression que de communication. Un genre de défouloir un peu sophistiqué, ou un peu tordu si tu préfères.

De quoi vais-je parler ici ? Pour être honnête, je ne sais pas encore très bien. Je me suis en tout cas juré de ne pas céder à mon gros travers : la monomanie. J’ai envie d’éclectisme. Et de légèreté aussi (dans la mesure du possible). Ca parlera donc bouquins, cinéma, problèmes de cœur, de fric, politique, philosophie, etcaetera etcaetera. Je posterai peut-être même des photos si j’y arrive (tu sais comme je suis nulle avec les trucs un peu techniques).

Nos conversations sur la pluie et le beau temps me manquent, tu sais. J’ai noté dans mon calepin (tu sais, celui où j’avais fait deux colonnes avec tes qualités et tes défauts), une série de choses dont je voulais te parler quand on sera réconciliés. Mais comme je sens que ce n’est pas pour tout de suite (et si tu lis ça encore moins), je recycle. Ca serait trop bête que ça se perde. Non pas que ce soient des sujets de conversation passionnants, mais j’ai toujours estimé que laisser pourrir les idées portait malheur.

Si jamais tu passes ici, même si ce n’est pas à toi que je m’adresse, n’hésite pas à réagir. Tu sais comme j’aime échanger des idées. Nos mails au boulot me manquent terriblement. Je pensais que ça me rendrait plus productive d’arrêter ça (de CESSER comme tu dis si aimablement), mais non. Je suis toute flagada. J’espère que tu vas bien, toi.

A la prochaine. Bonjour chez toi.

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