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07.08.2007

Au suivant (comme chantait le grand Jacques)

J’ai le câble maintenant, c’est chouette. J’occupe mes soirées utilement. Les conneries à la télé, ça me détend. Et parfois aussi ça me fait gamberger. 

Tu sais que j’ai un faible pour la télé-réalité. J’assume totalement le fait qu’il m’arrive de m’affaler sur le canapé le vendredi soir pour regarder le « Prime » de la Starac (avec une boîte de ravioli en plateau-télé de préférence). Tu fais la fine bouche, mais je t’ai déjà surprise à mater L’île de la tentation, alors… 

En ce moment, j’aime particulièrement l’émission Next, qui passe de temps en temps sur MCM (à chaque fois que je zappe il faut croire). C’est dingue, ce truc. Je ne sais pas si tu connais le concept : dans un bus, il y a cinq filles (ou cinq mecs, ou cinq gays, ou cinq lesbiennes – quand je dis ça on a l’impression que les gays et les lesbiennes sont un « genre » à part, et c’est bien l’impression que donne l’émission) qui doivent draguer un mec (ou une fille, ou un gay, ou une lesbienne, donc). Jusque là c’est assez classique. Celui qu'on doit séduire fait passer des épreuves grotesques aux « candidats » (genre tondre des moutons ou laver des grosses voitures - on est aux Etats-Unis quand même).  

Là où ça devient intéressant, c’est que, si la personne qu'il a devant lui ne lui plaît pas, le type qu'on drague n’a qu’à dire « Next », et il passe au suivant. Bon, après ça devient une histoire de gros sous : le candidat qui a passé avec succès les épreuves a le choix entre repartir avec de l’argent ou obtenir un second rendez-vous (en général, l’honneur est sauf, ils choisissent « l’amour »). La somme gagnée correspond en dollars au nombre de minutes qu’a duré le rendez-vous. J’ai d’ailleurs lu dans Wikipedia – car il y a un article sur Next dans Wikipedia ! – qu’il y avait des magouilles au niveau du décompte du temps, eh ben ça je l’aurais pas cru didon…

Moi, ça me fascine, cette émission. C’est de la blague, bien sûr, mais si on transpose ça dans la vraie vie, ça me laisse rêveuse. Qu’est-ce que j’aimerais pouvoir dire « Next » aussi facilement moi. Virer comme ça, sans état d’âme, les types qui traversent ma vie. Les virer de ma mémoire surtout, j’entends (eux ont plutôt tendance à s’enfuir en courant). Tu le sais, je suis très forte pour m’accrocher et traîner des vieux chagrins d’amour pendant des années. 

Pourquoi ma vie ne ressemble-t-elle pas à une émission de télé-réalité américaine ? Mes « candidats » à moi ne sont ni catcheurs, ni mannequins, ni pompiers, pourtant j’ai l’art de faire traîner les choses longtemps. Ceux qui « y sont passés », par mon amour (car on a vraiment l’impression, à les entendre, que c’est une calamité), auraient gagné un beau pactole, si on était dans un épisode de Next. 

Toutes ces bimbos n’ont l’air d’avoir aucune difficulté à « passer à autre chose », avec un beau sourire Pepsodent. Pendant ce temps, moi, je fais la grimace. Y a rien à faire, mais ça a tout de suite l’air moins douloureux, l’amour, avec une laide infographie et des sous-titres débiles en dessous.

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