30.08.2007

Foutus pronoms personnels

Tiens, comme je parlais boulot à l'instant, et puisque tu es si malin, est-ce que tu peux répondre à ça ?

Comment fonctionne l'emploi des pronoms personnels autres que ceux de la troisième personne avec des verbes comme « se coltiner » ? Bon, je sens que je ne suis pas claire là, je vais te donner un exemple, ça sera plus facile. Ou plutôt t’expliquer le contexte.

Ma chef me dit tout à l’heure : « Pour le projet de blog, je me mets comme pilote avec toi, gamine » (elle aime bien les surnoms ridicules, et employer des termes barbares comme « pilote », il faut s'habituer). Et de poursuivre : « Bah oui, tu vas devoir te me coltiner. Enfin, te coltiner moi. Merde, comment on dit ça déjà ? » (elle est pas toujours polie non plus).

Je suis le Maître Cappello de service (avec deux « p » évidemment) au bureau. Mais là j’avoue que je n’ai pas pu lui répondre. C’est le même problème avec « te taper » ou « s’envoyer » d’ailleurs.

Avoue, ça fait très con de dire : « Tu aurais mieux fait d’y penser avant de te me taper » ou « avant de te taper moi » (et là, je trouve que ça sonne un peu comme du créole).

Explorateur

Pour une fois, ce soir, j'ai écouté le journal télévisé (d'une oreille, hein, en lisant les blogs). 

Y avait toute une polémique sur la pertinence du nom trouvé pour le nouveau peut-être-sauveur-de-notre-beau-pays : explorateur. Di Rupo (je crois que c'était lui, mais bon, j'écoutais d'une oreille j'ai dit) s'indignait, en disant que ça évoquait les grandes découvertes, Christophe Colomb et la rencontre pas très pacifique de cultures très différentes. 

Je ne fais pas de politique (et je me fous de l’avenir de la Belgique). Moi, quand on me dit « explorateur », je pense à l’explorateur de Windows ou à Internet Explorer (même si j’utilise Firefox, comme tout le monde). 

J’ai la même déformation quand je lis une carte de restaurant. Quand on me parle d’ « onglet à l'échalotte », je ne peux m’empêcher de penser à l’en-tête de « mon » Intranet.

29.08.2007

Au bonheur des dames

On a ouvert une nouvelle boutique de fringues dans mon quartier. On y vend des jolis foulards, des voiles vaporeux, des drôles de colliers et même des gants (y a plus de saisons ma bonne dame). Y en a pour tous les goûts, de toutes les couleurs, dans toutes les matières (quoique le synthétique semble dominer), unis ou à motifs. De quoi faire le bonheur des femmes musulmanes qui veulent rester dans le vent. 

Je n’ai pas le même malaise que toi par rapport à la « question du voile » (même à l'école). Je suis tellement habituée à voir des femmes voilées partout (parfois très fort – tu te souviens de cette femme dans le tram dont je croyais qu’elle était de dos, alors qu’en fait non, je parlais à deux doigts de son visage ?), que ça ne me fait rien.

Je n’ai pas d’avis « moral » sur la question, je ne veux pas en avoir. De mon point de vue, ces dames sont « déguisées », exactement comme moi je me costume (parfois) en working girl pour aller travailler et comme toi tu portes (bien) le marcel et des sandales rafistolées pour ressembler à un artiste. 

Mais, ce magasin, ça m’a étonnée quand même. En général, ces boutiques « spécialisées » sont plutôt concentrées dans certains quartiers précis de Bruxelles. Dans le mien, il n’y avait rien de tel jusqu’à présent. La spécialité du coin, c’est plutôt les fruits et légumes (je n’avais jamais vu des épiceries avec un aussi beau choix que par ici, pour trois fois rien en plus – et moi pauvre poire qui continue à acheter ma salade en sachet au Delhaize…). 

Il faut bien qu’elles s’habillent, mes voisines, évidemment. Et je comprends que les commerçants tentent d’exploiter cette « niche »  potentiellement intéressante. Mais bon, je trouve que l’étalagiste aurait pu faire un effort pour présenter les modèles de façon un peu moins austère. Par exemple, la tête en plastique toute blanche, sans yeux, surélevée, ça met peut-être bien le voile en valeur, mais c’est quand un peu glauque. Enfin, moi, si je dis ça, c’est dans l’intérêt du commerce uniquement… 

Y a pas de boutiques de tchadors à Sainte-Catherine ? Sinon, tu pourrais peut-être proposer tes talents de scénographe. Je suis sûre qu’il y aurait un marché à prendre…

28.08.2007

Ma chambre

Un ami me disait (à l’occasion d’une conversation super anodine sur le choix de mes luminaires) : « De toute façon, ta chambre, ce n’est pas un lieu de passage ». C’est un fait.

27.08.2007

Mais que fait la police ?

Tiens, je ne t’ai pas raconté. En revenant de faire les magasins avec toi samedi, il m’est arrivé un de ces trucs. 

J’étais assise dans le métro, tranquillement en train de relire des vieux SMS, quand j’ai entendu un grand bruit. Un choc sourd, puis un bruit de verre brisé. C’était un type, visiblement dérangé, qui avait cassé une vitre du métro (en fait la vitre d’une porte) avec son pied, d'un coup sec. Les gens se sont mis à protester, quelqu’un a appuyé sur l’alarme, mais le gars n’avait pas l’air de comprendre que c’était à lui qu’on en avait. Il déambulait dans la rame de métro en faisant des petits moulinets bizarres avec ses mains. Il avait des yeux de fou, un sourire pareil, et je dois t’avouer que je n’étais pas du tout à mon aise. Quand il est arrivé à ma hauteur (j’étais au bout du wagon), je me suis collée à ma voisine et j’ai retenu mon souffle. Mais il n’avait pas l’air d’en vouloir aux gens, seulement à cette porte de métro (je suppose qu’il avait envie de sortir et qu’elle avait l’audace de lui barrer le passage). 

Quand on est arrivé à la station suivante (jamais le trajet Louise - Hôtel des Monnaies ne m'a paru si long), les gens l’ont poussé dehors violemment. Puis les agents de la Stib ont débarqué, et les flics. Le type ne protestait pas. Il s’est accroupi et a répondu calmement aux questions des agents. Ils ont refermé les portes du métro, je ne sais pas pourquoi au juste. Il y a même eu un message incompréhensible aux voyageurs, disant qu’il ne fallait pas paniquer (alors que plus personne n’avait de raison de paniquer). On a finalement dû changer de wagon, ce qui fait que je n’ai pas pu voir ce qui est arrivé au « vandale » par après. Je suppose qu'il a été arrêté.

Ça a vraiment traîné avant que le métro ne redémarre. Les gens s’impatientaient un peu, mais sans plus. Une maman africaine m’a raconté que son petit bout, en poussette, était tout près de cette fameuse porte, et avait bien failli recevoir des éclats de verre dans la figure. Tout ça sur un ton très calme, en rigolant presque (et j’ai pensé à toi, me demandant si tu reprendrais le métro avec la petite dans le cas où un truc pareil t’arriverait). 

Le plus étrange dans cette histoire, c’est que j’ai revu le type en question le lendemain (hier donc), en allant dans le centre. Il attendait à mon arrêt de tram, mais n’est pas monté dedans (heureusement). Il avait toujours les mêmes yeux de fou. 

Je me suis dit « C’est dingue qu’il puisse reprendre les transports en commun comme si de rien n’était après ça ». Mais, quand on y réfléchit, comment pourrait-on l’en empêcher ? On ne peut pas mettre un flic à l’entrée de chaque métro, de chaque bus, de chaque tram, pour faire le tri. Et ce gars, on n'allait quand même pas le mettre en prison parce qu’il avait cassé une bête porte de métro. Après tout, il n’a fait de mal à personne (le petit était quand même loin finalement, il ne risquait rien). A part le retard occasionné, aucun voyageur n’a subi de dommage matériel. Tu me diras qu’il aurait sans doute besoin d’un suivi psychologique. C'est évident, mais si on devait interner tous les fous qui traînent en ville, nos asiles seraient pleins à craquer.

Ce n’est pas que je sois laxiste ou quoi que ce soit, mais il faut rester logique.

26.08.2007

Autre inconvénient du « tu »

Parler en « tu » dans mon blog présente un autre inconvénient, dont j’ai oublié de te parler l’autre fois. A force d’écrire ici, je finis par ne plus ressentir le besoin (ou par ne plus avoir le cran) de dire les choses aux gens en vrai. 

Bon, avec toi par exemple ça ne pose pas vraiment de problème. On a trouvé un bon modus operandi. Tu t’attends à être régulièrement interpellée ici, mais tu ne comptes pas là-dessus pour savoir comment va ma vie. Avec mon système, on risquait de perdre le contact « réel », de tout faire passer par le blog. Mais non, heureusement. On continue à s’envoyer des petits mails au boulot. A se souhaiter « Bonne semaine » le lundi et « Bon week-end (tu as quelque chose de prévu ?) » le vendredi. 

Le problème est plus sérieux quand il s’agit de personnes avec qui je n’ai pas d’autre « correspondance » que celle « entretenue » « via » ce blog (tous ces guillemets s’imposent).

Lui, par exemple (à tout hasard). Depuis que j’ai ouvert ce blog, je ne lui inflige plus mes mails indigestes. Comme je me vide le coeur devant tout le monde, je n’ai plus besoin de le faire devant lui. C'est mieux en terme d'image de marque.

A priori, ça ne semble d'ailleurs avoir que des avantages – à condition évidemment qu’il ne lise pas mon blog.

Il a ce qu’il veut : la paix. Moi, je redore mon blason en faisant mine d’être devenue raisonnable et de respecter son désir de prendre du recul. En même temps, je peux quand même m’exprimer et m’épancher. Et je n’ai pas à me soucier d’obtenir ou pas une réponse : je sais d’avance que je n’en recevrai pas. 

C’est confortable comme situation, mais à la longue je finis par me sentir un peu minable. J’ai l’impression d’être une vieille folle qui parle toute seule. Ce n’est ni très courageux, ni très glorieux, de ruminer ainsi dans l’ombre. Je t'avoue que j’ai un peu honte en fait. Tout ça n’est pas très bon pour mon estime de moi… 

Et puis merde. Je crois que je vais lui écrire pour de vrai, bientôt. 

 

(Et pour répondre à ta question : si j’arrive à écrire autant, c’est que je n’ai pas de petits-déjeuners au lit à prendre avec mon copain, pas de barbecue à organiser, pas de lessives à faire, pas de repas à préparer, pas de belle-famille à aller visiter, etc. C'est tout con, il suffit d'avoir une vie pourrie.)

Darladirladada

J’ai un de ces mals de crâne moi.

Décidément, je ne suis pas encore prête pour ce genre de soirée. Ta femme (comme ça me fait bizarre de l'appeler comme ça) a beau parler de mon « entrain » et de ma « bonne humeur », il y a encore du boulot pour que j’arrive à m’amuser comme il faudrait (à ton mariage, l’alcool a beaucoup aidé, et puis ça me faisait tellement plaisir de te voir heureux). 

Être si motivé à s’amuser, ça me dépasse. Y a pas à dire, ça change de nos soirées improvisées et un peu cheap... Je me serais crue à un séminaire de team building pour le boulot, sauf que là je n’étais pas payée pour y participer. Ces gens sont encore plus complexants que mes collègues. Tous beaux, bronzés, heureux, souriants (et sachant danser la salsa). A un moment, je me suis dit qu’on était dans une pub pour United Colors of Benetton (et je te vois venir avec tes gros sabots, comprends-moi bien : ce n’est pas le « United Colors » qui me gène, mais bien le « of Benetton »). 

L’intention était bonne, je ne dis pas, mais il aurait fallu que je sois beaucoup plus saoule que ça pour que je me prête sérieusement à ces jeux. Enfin, l’important c’est que ta belle-soeur (comme ça me fait bizarre de l'appeler comme ça) se soit bien amusée.

25.08.2007

Publicité mensongère

« Profitez du talent de près de 2 millions de personnes », qu’ils disent chez Yahoo Questions/Réponses. C’était tentant. Un jour, j’ai essayé pour voir.

J’ai posé une bête question, dans la catégorie « Amour et relations » (je ne te dis pas quoi, tu te foutrais de ma gueule). Je te jure que je ne comptais pas du tout sur ce machin pour résoudre mon problème (à vrai dire, ce n’était même pas un problème). Je voulais juste tester ce système. C’était de la curiosité scientifique en somme, ou en tout cas de la « veille technologique » (d'ailleurs je devrais demander à ma chef de me faire passer ça en heures supplémentaires). 

Et bien j’ai été fort déçue (quand je dis "fort déçue", j'exagère, je ne m'attendais pas à grand chose en fait). D’abord, je n’ai reçu que très peu de réponses, quatre ou cinq tout au plus. C’est vexant, de voir que mon sort n’intéresse pratiquement personne. Elle était pourtant pas idiote, ma question (peut-être trop complexe même ?).

En plus, ils ne se sont vraiment pas foulés, ces gens. A chaque fois, leur réponse tenait en quelques lignes. A croire qu’ils répondaient uniquement pour accumuler des points (il y a tout un système compliqué mis en place, qui fait que tu reçois et que tu consommes des points quand tu fais certaines actions, comme poser des questions, répondre, voter pour la meilleure réponse,…). Il est beau, l’altruisme du Web 2.0…

Mais là où la publicité mensongère est la plus flagrante, c’est quand on vient te parler de « talent ». Ces personnes qui répondent à tes questions n’ont aucune imagination. Entre les évidences, les conseils de bonnes femmes et les encouragements débiles, le moins qu’on puisse dire c’est que je n’ai pas trouvé mon bonheur. 

Et le style pas du tout recherché qu’ils emploient. Et les fautes d'orthographe grossières (voire le langage SMS). Et les pseudos affreux de tous ces gens (note que le mien ne valait pas mieux, mais moi ce n’est pas la même chose : c’était pour essayer). Beurk, beurk, beurk. On ne m’y reprendra plus. 

Tout compte fait, il vaut encore mieux ouvrir un blog. Tu n’as même pas à te casser le cul pour poser des questions (les gens donnent leur avis sans qu’on leur demande rien) et au moins, en général, tu as droit à des phrases un peu torchées correctement.

23.08.2007

Sale raciste

Mon éditeur de texte est un raciste. Enfin, surtout son correcteur orthographique. Il comprend très bien "Paris", mais ne connaît pas "Bruxelles" (ni "Tournai", ni "Ostende", ni "Charleroi" - Liège oui, à cause des bouchons de liège).

Et comme tout raciste qui se respecte, il a des lacunes au niveau de sa culture générale. Il ne connaît même pas le mot "blogueur" (ni "blogueuse" d'ailleurs - au moins il n'est pas sexiste). Pour un gars qui travaille dans le domaine, c'est quand même un peu la honte...

A moi les petits Français (sur un air de la compagnie créole)

Un peu que je suis toujours partante pour ta pendaison de crémaillère samedi. Les soirées à thèmes, c’est pas trop mon truc en général, tu sais bien, mais pour toi je vais faire un effort.

J’apporterai un cocktail avec des fruits tropicaux, pour être raccord avec l’ambiance « des zîles » qui est de rigueur si on en croit ton mail d’invitation (foutu phénomène, quand même, le z prosthétique). Par contre, pour le déguisement, ne compte pas trop sur moi. La chemise hawaïenne ne me va pas. A la limite, pour te faire plaisir, je mettrai ma bague avec des fleurs et des papillons que tout le monde trouve ridicule (moi, je l’aime bien).

Je ne te cache pas que ce qui me motive surtout dans cette soirée, c’est de rencontrer les amis de ton copain. Toute une ruche de petits Français sportifs et pleins de fric à deux pas de chez moi, c’est une aubaine (comme ils sont sportifs et pleins de fric, ils ont sans doute tous une copine, mais tu sais bien que je ne m’arrête pas à ce genre de détail...). 

Ça a toujours été mon péché mignon, les petits Français. Ça doit être l’accent, qui me rappelle les vacances. Je suis très sensible aux accents (et aux voix de manière générale). Ce qui me plaît le plus, c’est celui du Nord (et pourtant je ne me rappelle pas avoir passé des vacances dans cette belle région – trop sous-estimée au niveau  touristique). Mon chouchou du moment a une voix mélodieuse de présentateur radio des années quatre-vingt, avec l’accent de la Côte d’Opale en bonus. Et, si tu te souviens bien, on prenait toujours Nico pour un Parsien (à cause des chansons de Renaud qui avaient fini par déteindre sur son accent de La Louvière). 

J’ai un vrai radar à Français, c'est bien connu. Dès qu’il y en a un quelque part, je le repère. Il faut dire qu’à Bruxelles on ne peut pas les louper, ils sont partout (même s’ils sont surtout concentrés dans les ghettos pour fonctionnaires européens et cadres pleins de thunes que sont le Châtelain et le haut de Saint-Gilles). Pas étonnant que tu aies fini par en approcher un de très très près (oui, je sais, tu as fait sa connaissance dans un bus d’aéroport en Pologne, mais faut pas le dire, ça casse mon coup)...

Y en aura bien un petit pour moi à cette soirée, dis ? Je ne demande même pas qu’il ait la belle geule de ton Normand qui ressemble à un moniteur de ski... 

J’ai cru comprendre qu’ils sont un peu « claniques », les copains de ton copain. Ils aiment bien rester entre eux. Mais je suis sûre qu’avec mon cocktail ça peut vite  s’arranger ça (tu ne pensais quand même pas que je comptais amener un truc non-alcoolisé ?). 

Je ne serai pas difficile, je ne critiquerai pas pour une fois. Pas grave s’ils tendent l’autre joue quand ils disent bonjour ou s’ils ne savent pas comment s’appelle notre premier ministre, alors qu’ils sont par ici depuis des années. Je suis toute prête à leur apprendre ces petites subtilités... Après tout, ce n'est pas le plus important, ces considérations cultuelles (j'ai trouvé un Français qui en sait plus que toi et moi réunies sur la fusion des communes et le folklore bruxellois, mais il ne veut pas de moi, alors ça me fait une belle jambe qu'il soit si bien "intégré").

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