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24.09.2007

Le pourquoi du comment

Je n’ai pas osé te répondre l’autre jour. Tu avais l’air si triste, je n’ai pas osé. Ça m’aurait paru indécent de te raconter. J’ai tourné autour du pot pour ne pas te faire de peine. J’ai évoqué un vague processus, donné des raisons, un semblant de calendrier. Mais je me souviens parfaitement quand et comment c’est arrivé. 

C’est très précis comme souvenir. 

C’était un matin, on était dans le métro. Nos mains se touchaient sur la barre où on se tient quand ça balance. On a discuté de tout et de rien. Je lui ai parlé de la formation que j’allais devoir donner ce jour-là. La nuit avait été courte, mais mes collègues me trouveraient quand même une bonne mine. Il m’a embrassée rapidement sur la bouche en sortant à la station avant la mienne pour aller bosser. Il a dit : « Bonne journée ». C’est à ce moment-là. 

J’y ai cru, naïve que je suis. J’ai cru qu’on allait s’appeler au soir, se voir le lendemain, commencer enfin sérieusement cette histoire. J’ai cru que ça allait bien se passer. J’y ai cru toute la journée. 

Ça ne m’arrive pas souvent, d’être confiante, tu es bien placé pour le savoir. 

Quand j’y pense, je me dis que j’ai bien raison de ne pas être de nature optimiste. Même, je crois que je ne devrais plus croire en rien du tout à partir de maintenant. Ou alors, me contenter de croire en Dieu comme tout le monde. Au moins, quand on est déçu, il est trop tard : on est déjà mort, le chagrin ne nous survit pas.

Commentaires

Hum. Et puis après on se console en se disant qu'au moins, on a ressenti un peu cet optimisme, non? (tout en s'en voulant d'y avoir cru trente secondes...)

Ecrit par : Presque Toujours | 24.09.2007

Bah non, ça ne me console pas vraiment.

Vivre des moments d'euphorie, j'ai donné, je sais ce que c'est (c'est agréable, mais à terme ça ne sert à rien). Je voudrais bien pour une fois que mon optimisme ne soit pas déçu.

Et puis le problème ici c'est que ne n'y ai pas cru 30 secondes, j'y ai cru toute une journée (et avant j'avais déjà bien gambergé sur la possibilité que cette histoire aboutisse à quelque chose de bien). C'était plus que de l'exaltation, c'était une vraie perspective. C'est tellement rare que je croie en quelque chose.

Merci quand même pour la tentative de remontage de moral.

Ecrit par : Laurence | 24.09.2007

Ben en fait c'était assez fataliste comme remarque. Je sais très bien que ça ne console pas, que ça ne suffit pas... et j'en rajoutais une couche en te disant qu'en ce qui me concerne, je me foutrais même des baffes pour y avoir cru (30 secondes, une journée, 6 mois...)
(mais je ne suis pas très claire en ce moment...)

Ecrit par : presque toujours | 25.09.2007

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