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29.09.2007
Mix marketing
« Nous recommandons de privilégier la complémentarité entre vos différents canaux de communication : site web, call center, SMS, mailing et services physiques ».
Au boulot, on paie très cher des consultants pour écrire dans un beau rapport des trucs comme ça, qui tombent sous le sens.
Dans ma vie privée, je suis aussi une grande adepte de la stratégie multicanal (ou multicanale ?).
Pour qu’on ne m’oublie pas, il y a mon blog, mes appels en absence, mes SMS douteux et mes mails larmoyants (ce qui est peut-être le plus négligé chez moi, ce sont les fameux « services physiques »). Ces différents « canaux » se complètent les uns les autres : je parle dans mon blog des SMS que j’envoie, j’ai des conversations téléphoniques interminables à propos de mon blog, etc.
Mon objectif est de toucher mes cibles et d'augmenter leur implication en créant de l'interactivité (sur ce dernier point, ce n'est pas encore ça - le ROI est assez décevant).
15:25 Publié dans Rééducation sentimentale | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : stratégie multicanal
28.09.2007
Les singes savants
Je n’irai pas voir la Crevette d’acier ce soir. Je n’ai trouvé personne d’autre pour m’accompagner.
C’est dommage, parce que les concerts à l’Atelier 210, ça me motive bien en général.
Je sens que je devrais fréquenter davantage ce genre d’endroit. La bière est relativement bon marché, les concerts gratuits ou presque. Ce n’est pas de la grande musique, mais on peut danser (j’ai très envie de danser). Et puis, surtout, c’est plein de garçons très gentils et très saouls qui n’ont pas l’habitude de croiser des énergumènes dans mon genre. C'est pratique : je peux jouer sur l’effet de surprise.
C’est d’ailleurs de là que j’ai ramené (comme tu dis) ma dernière histoire qui n’a pas fait mal.
Tu étais déjà parti quand on est sorti ensemble, mais je t’en ai parlé - à l'époque je pouvais te parler de trucs comme ça sans que tu me fasses des crises de jalousie intempestives. Le bel Igor. Il m’a larguée comme les autres - ou plutôt il n’a pas donné suite - mais il a eu le bon goût de ne pas faire de dégât. J’apprécie...
Je ne comprends toujours pas comment j’ai fait pour l’avoir, celui-là. Au matin (il a passé la nuit chez moi, mais on était tous les deux beaucoup trop bourrés malheureusement pour que quelque chose de sérieux puisse se produire), je lui ai dit qu’il était tellement beau qu’il devrait se prostituer. Il a pris ça comme un compliment.
C’était un beau paumé, gentil, pas du tout fait pour moi. C’est mieux : au moins, je n’étais pas tentée d’échafauder des plans. Si je le recroise, à un concert ou au théâtre (je t’avais dit que son père est directeur de théâtre ?), pas sûr qu’il me reconnaîtra. Mais si c’est le cas, il n’y aura pas de malaise, on boira une petite bière ensemble en toute sympathie – je ne lui parlerai pas des SMS minables qu’il m’a envoyés pour « reporter » notre rendez-vous.
C’est ça qu’il me faut en ce moment : un nouvel Igor. Ou un Anton ou un Ivan ou quelque chose comme ça.
En ce moment, peut-être encore plus que de danser, j’ai envie de grands garçons pétés qui portent des jolis prénoms. Le genre de types qui ont entendu de la musique classique quand ils étaient dans le ventre de leur maman. Ils sont attendrissants, je trouve. On devine presque encore la marque de leur sac Eastpak sur leurs larges épaules (ils ont fait huit ans de water-polo).
Ce sont des bonbons, ces mecs. Ils n’ont pas peur de l’avenir, ça les rend gentils. Ça me changerait des tordus un peu moches auxquels je m’accroche en général, et qui font mal (pas qu’aux dents).
C’est la Nuit blanche demain, je n’y irai pas non plus : je n’ai trouvé personne pour m’accompagner.
23:20 Publié dans Rééducation sentimentale | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Crevette d'acier, concert, Atelier 210, garçons, bonbons
Légende
André Malraux = je pense à toi.
Randomisation = je ne laisserai pas tomber.
Niki de Saint Phalle = c'était bien quand on faisait l'amour (je suis sûre qu'avec elle c'est moins bien).
Daguerréotype = mais putain t'as pas compris qu'il y a que moi qui vaux le coup.
Gilles Deleuze = je pense à toi, pense à moi aussi.
Jacques Derrida = je suis désolée, j'ai été idiote, pardonne-moi, faisons la paix.
Martin Luther King = c'est trop dur sans toi.
20:45 Publié dans Rééducation sentimentale | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : légende
Sitcom
Un film qui s’affiche sur les bus de la STIB, tu ne serais certainement jamais allé le voir tout seul.
J’ai eu raison d'insister, c’était vraiment bien. Pas parfait, mais bien. Je ne suis pas déçue. Adapter 99 francs, ce n’était pourtant pas gagné. Ils s’en sortent pas mal je trouve. Jean Dujardin était peut-être encore un peu trop Jean Dujardin à mon goût, mais à part ça je n’ai rien à redire. Il tient bien le vomissement.
La scène avec le hamster qui crève est particulièrement trash. Comme tout le monde dans la salle, j’étais dégoûtée (tu en as d’ailleurs profité pour essayer de me rassurer). En plus, moi, ce hamster me disait quelque chose.
Tu ne l’as pas connu, mais Fred était tout pareil au hamster qu’on voit dans le film. Crème, ébouriffé, avec des petites pattes toute roses. Il était vraiment gentil. Malheureusement, il est mort assez jeune (on ne l’a pas coké ; il avait une maladie due au fait qu’il ne pouvait pas manger comme un hamster normal, car ses dents poussaient mal et il ne pouvait pas ronger ses petites graines). Sa mort a causé un choc à mes amis, surtout quand je leur ai annoncé d’un ton funèbre : « Fred est mort » et qu’ils n’ont pas compris que je parlais de mon hamster (un de nos amis s’appelait comme ça et il était justement en pleine dépression à l’époque).
Sur le moment je n'y ai pas pensé, mais j’espère qu’ils n’ont pas fait de mal à cette pauvre bête pour le film (en même temps, je me doute bien que si - c’est dégueulasse !, c'est affreux!).
00:10 Publié dans Devine ce qui m'est arrivé | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : 99 francs, hamster, Fred est mort
Déperdition d'énergie
J’appelle sur son fixe presque tous les jours et je laisse sonner le téléphone une fois ou deux (de toute façon, je ne dérange pas, il dort chez sa copine je parie).
Je fais des recherches absurdes sur Google, qui me mènent chez lui, pour qu’il me voie dans ses statistiques.
J’échafaude des stratégies tordues pour correspondre avec lui sous une fausse identité.
Je prépare un plan pour son anniversaire qui est dans un mois et demi (j’ai vérifié que la Poste n’était pas en congé pour la fête du Roi : c’est bon).
Je coche dans l’agenda culturel les événements auxquels il pourrait avoir envie d’assister, j’y vais et il n’est pas là, évidemment.
C’est nul, hein ? C’est vain, stupide, immature, pas sexy et pas digne. Le pire, c’est que ça monopolise toute mon énergie, ces conneries.
00:02 Publié dans Rééducation sentimentale | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : conneries, perte d'énergie
27.09.2007
Le loup et l'agneau
Vingt-sept visites sur le mois de septembre.
Si ce n’est toi, c’est donc ton frère, c’est donc quelqu’un des tiens. Car vous ne m’épargnez guère, etc.
Je suis contente que tu lises ce que j’écris. Ne te fie pas au ton un peu cafardeux de mes derniers messages. Je fais aussi des trucs chouettes. J’ai été voir un super opéra l’autre jour. Je vais voir des concerts (hier, j'ai vu Poulycroc et Pas ce soir chéri à l'ULB), je bois des verres. Je hante la ville, de la manière la plus divertissante possible, mais je ne te croise toujours pas.
Heureusement que je suis passée à Google Analytics.
11:25 Publié dans J'ai un blog, mais faut pas le dire, Rééducation sentimentale | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : le loup et l'agneau, google analytics
24.09.2007
La croisée des chemins
Je me demande si c’est exprès qu’il n’y a aucun feu de signalisation en état de marche dans les alentours de la gare du Midi. C’est pour que les clochards bourrés se fassent écraser plus facilement peut-être. Ou alors, c’est parce qu’ils ont remarqué que le trafic se régulait aussi bien tout seul, en comptant sur la loi du plus fort. Ça m’intrigue, je me pose la question tous les matins, je voudrais bien savoir.
J’ai dit une belle connerie hier (j’en dis souvent, mais celle-ci a un rapport - ténu - avec ce qui précède).
C’était le dimanche sans voiture dans ma ville. J’aime bien cette journée d’habitude, mais là malheureusement mon emploi du temps ne me permettait pas d’en profiter beaucoup. Le seul moment où j’ai eu l’occasion de voir les rues débarrassées de ces sales voitures, c’est quand je suis allée de la gare du Midi à chez moi.
J’avais passé la matinée à La Louvière pour ma répétition. J'ai fait le trajet du retour avec mon prof de théâtre et c'était un peu pénible, car on n'avait rien grand chose à se dire. On a meublé tant bien que mal, en parlant de la pièce, du temps qu'il faisait. J'étais plutôt soulagée quand je l’ai quitté au croisement de la rue Fonsny et de la rue d’Angleterre. Au moment de traverser, je lui ai dit : « C’est chouette le dimanche sans voiture, pour une fois je vais pouvoir traverser cette rue sans me faire écraser ». Il a bien rigolé.
21:25 Publié dans Devine ce qui m'est arrivé | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : feu de signalisation, gare du Midi, dimanche sans voiture
Le pourquoi du comment
Je n’ai pas osé te répondre l’autre jour. Tu avais l’air si triste, je n’ai pas osé. Ça m’aurait paru indécent de te raconter. J’ai tourné autour du pot pour ne pas te faire de peine. J’ai évoqué un vague processus, donné des raisons, un semblant de calendrier. Mais je me souviens parfaitement quand et comment c’est arrivé.
C’est très précis comme souvenir.
C’était un matin, on était dans le métro. Nos mains se touchaient sur la barre où on se tient quand ça balance. On a discuté de tout et de rien. Je lui ai parlé de la formation que j’allais devoir donner ce jour-là. La nuit avait été courte, mais mes collègues me trouveraient quand même une bonne mine. Il m’a embrassée rapidement sur la bouche en sortant à la station avant la mienne pour aller bosser. Il a dit : « Bonne journée ». C’est à ce moment-là.
J’y ai cru, naïve que je suis. J’ai cru qu’on allait s’appeler au soir, se voir le lendemain, commencer enfin sérieusement cette histoire. J’ai cru que ça allait bien se passer. J’y ai cru toute la journée.
Ça ne m’arrive pas souvent, d’être confiante, tu es bien placé pour le savoir.
Quand j’y pense, je me dis que j’ai bien raison de ne pas être de nature optimiste. Même, je crois que je ne devrais plus croire en rien du tout à partir de maintenant. Ou alors, me contenter de croire en Dieu comme tout le monde. Au moins, quand on est déçu, il est trop tard : on est déjà mort, le chagrin ne nous survit pas.
20:50 Publié dans Rééducation sentimentale | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : tomber amoureuse, souvenir, confiance
23.09.2007
Déglinguée
Depuis quatre-cinq jours, j’ai mon œil qui me fait de l’œil. Je cille ou quelque chose comme ça. De l’œil gauche seulement. Pourtant, mes collègues me disent que ça ne se voit pas. C’est bizarre, moi je le sens très clairement.
Il paraît que ce genre de clignement d’oeil involontaire, ça vient d’un manque de vitamines C ou de sommeil. C’est bien possible : mon super blender qui me fait de super jus de fruits n’a plus servi depuis longtemps et j’ai pas mal d’heures de dodo en retard. Mais je trouve quand même étrange que ça ne fasse ça qu’à un seul œil. Le manque de vitamines ou la fatigue ne s’attaquerait qu’à mon œil gauche ? Je ne me l’explique pas.
Je crois que c’est plutôt nerveux. Je suis hyper stressée en ce moment, c'est un fait. Y a pas assez de plaisirs, trop de soucis dans ma vie. Mes mains, qui tapent sur le clavier, sont toute raides, comme quand je fais de la spasmophilie. C’est l’angoisse qui me garrotte, alors je fais de la tétanie diffuse. Tout ça n’est pas très scientifique, je le reconnais, mais je crois que je ne suis pas si loin de la vérité.
Je m’inquiète pour ma santé, comme une vieille femme. Comme toi qui le fais tout le temps et que je rassure deux fois sur trois.
Sans rire, c'est sérieux. Ce n’est pas bon pour moi, toute cette angoisse qui me paralyse et me fait faire n’importe quoi. Je sens que je tire sur la corde en ce moment, je me malmène. Je vais dormir tard et mal, je travaille trop, je saute des repas (il y a même plus d'olives dans le frigo).
A force, ça va finir par m’abîmer, ce mode de vie. Ça me désole, mais je ne peux pas y faire grande chose (j’ai perdu les calmants que le médecin m’avait prescrits, et même si je les retrouvais je n’arriverais pas à les prendre plus de deux jours d’affilée - de toute façon là n'est pas la solution).
En plus, j’ai une mauvaise hérédité. Je me vois bien grossir les statistiques des filles qui font une thrombose dans la trentaine (me restent deux ans à tirer). Pourtant, je ne fume pas et je ne prends plus la pilule – à quoi bon. On avait fait ce pari stupide avec Lio : le premier de nous deux qui a une crise cardiaque paie un resto chinois à l’autre. Nous étions jeunes et cons. Aujourd’hui, je sens que je n’ai plus vingt ans, car je n’ai plus le cœur à rigoler avec ça.
Je me sens mal en point ce soir, vraiment. Je crois que je ferais mieux d'aller dormir tôt, au lieu d'inquiéter ma maman inutilement (tu sais comme elle est).
21:10 Publié dans Devine ce qui m'est arrivé | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : oeil, angoisse, santé, inquiétude
22.09.2007
Ecrire (des SMS) pour une idole à trompe
Non, je ne me suis pas trompée de destinataire. C’était « une performance ».
Mon ami était en train de me parler d’une de ses admiratrices, qui ne lui donnait plus de nouvelles. Il me disait qu’elle avait un certain talent pour les déclarations farfelues, qu’il aimait ça, même si souvent il se foutait de sa gueule. Un jour, après des semaines de silence, elle lui avait envoyé un SMS qui disait juste : « Michel Foucault ». Je me souviens qu’il nous avait montré le message en question à l’époque, et qu’on avait bien rigolé. Cette fille passait pour une vraie folle. N’empêche que maintenant il a envie de la recontacter.
Tu vois, je n’ai fait que copier, c’est nul. Il me racontait cette histoire que je connaissais déjà, et j’ai pris mon GSM impulsivement pour composer ce message débile.
Sauf que je n’étais plus sûre à cent pourcents de l’orthographe du nom du philosophe. En plus, comme je ne connais rien sur lui, ça me semblait un peu usurpé de te balancer son nom comme ça (le surréalisme a ses limites quand même). Mon inculture fait peur parfois : je pensais qu’il avait un lien avec cette histoire de « Pendule de Foucault » avant d’aller vérifier sur Wikipedia. J’ai bien fait de m’abstenir (pour l'hypothèse hautement improbable où tu aurais réagi).
Oh, tu sais, je ne suis pas beaucoup plus calée sur André Malraux en fait. Mais j’ai L’Espoir dans ma bibliothèque (je l’ai commencé dix fois, je le finirai sans doute un jour) et j’ai analysé des extraits de La Condition humaine à l’école. Le seul livre que j’ai lu en rapport avec lui, c’est une biographie (ou une autobiographie ?) de sa femme, Clara. J’étais très jeune quand je l’ai lue, mais j’en garde un bon souvenir.
Je ne suis pas sûre que tu aies apprécié le geste (ni ta copine d’ailleurs, qui risque de croire que mon message est une réponse à quelque chose - je te jure que je n’y pensais pas en le faisant). Moi, ça m’a fait rire en tout cas. Ça a aussi beaucoup plu à mon ami, qui adore quand j’agis impulsivement.
Je crois que si je t’aime à ce point, c’est parce que tu arrives à me faire faire des choses comme ça. Je voudrais être ce type de fille, prête à tous les ridicules par amour. Ça plaît rarement aux hommes, je sais, mais moi ça me plaît - c'est ce qui compte.
12:25 Publié dans Je me livre, Rééducation sentimentale | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : performance, SMS, Foucault, Malraux, L'Espoir

