23.11.2007
Ca ne mange pas de pain
Depuis que les consultants qui bossent sur notre site ont compris qu’ils devaient éviter les mots anglais, on se marre bien. Des fois, j’ai l’impression qu’ils se foutent carrément de notre gueule (ça ne les change pas, quand on voit les trucs nazes qu’ils nous rendent parfois).
Ainsi, dans leurs documents, le chemin de navigation devient une « mie de pain », pour ne pas dire « breadcrumbs » (effectivement très laid). Note que je ne suis pas non plus fan de « fil d’Ariane », qui me semble fort prétentieux pour ce que c’est. « Chemin de navigation », c’est suffisant, je trouve.
Et pour les pop-up, on a carrément droit à « fenêtres surgissantes » maintenant. Au début, je trouvais ça bien trouvé et marrant (n’en déplaise à mon correcteur orthographique, qui n’apprécie pas l’adjectivation du verbe « surgir » - ni « adjectivation » d'ailleurs). Mais j’ai vu dans Wikipedia qu’ils n’avaient rien inventé, que c’était assez répandu. Je suis toute déçue…
20:57 Publié dans C'est-à-dire | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : mie de pain, fenêtres surgissantes
20.11.2007
Labeliser (j'avais créé un profil sur MySpace comme ça un jour, « The labelisers »)
Au boulot, on est en train de revoir complètement la structure de notre site. C’est un vrai casse-tête, parce que tout le monde a son petit avis à donner sur la question et que ça n’en finit pas. J’en suis à dire oui-oui à tous pour avoir la paix. Parfois, ça me joue des tours, je laisse passer des fautes grossières.
C’est ainsi que, tout à l’heure, j’ai commis sans broncher un affreux « Visibiliser », presque sur la page d’accueil du site. J’ai honte (en plus, c’est ma « grande » chef qui me l’a fait remarquer).
J’ai toujours fait plein de grosses fautes de français, surtout à l’oral. Bêtement parce que que dans ma famille on disait « si je gagnerais au Lotto » et que donc ça ne me choque pas. Quant aux belgicismes, je ne fais rien pour les éviter (sauf « Elle est excessIvement intelligente », qui m’horripile). Il n’y a pas si longtemps, je « réciproquais » encore les vœux de fin d’année : je trouvais ça très chic.
Si le vocabulaire d’entreprise s’y met, on n’est pas rendu comme on dit par chez moi…
Je n’ai plus la même sensibilité par rapport aux mots. Les termes creux tirés de l’anglais ne m’écorchent plus les oreilles. Même, dans certains cas, je les aime bien. Ils portent en eux une ambiance froide et clinique qui m’intéresse. Ils sont convaincants, dans certains contextes.
Par exemple, quand j’écris dans un mail « D’accord sur le découpage, mais il faudra revoir le labeling », je trouve que c’était juste le mot juste. Je ne le dirais pas mieux autrement.
00:15 Publié dans C'est-à-dire | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : visibiliser
19.10.2007
Sur / Dans
Je me rappelle qu’il y a dans ton mémoire une partie où tu analyses l’utilisation des expressions « écrire sur mon blog » et « écrire dans mon blog ».
Si mes souvenirs sont bons, tu fais un rapprochement (ou tu montres la différence ?) avec la manière de parler de son journal intime. J’avoue que je ne sais plus dans quel but tu fais ça ; j’imagine que que c’est tout à fait cohérent et pertinent dans ton analyse médiologique. Mais bon, j’ai oublié - il faut dire que c’est quand même assez complexe, ta réflexion, et qu’il est tard (et puis de toute façon il serait malhonnête de ma part de te piquer tes théories pour donner une allure intello à mon pauvre blog de midinette).
Personnellement, je crois que j’ai plutôt tendance à écrire « sur mon blog ». Mais les deux sont possibles, d’ailleurs ça ne m’étonnerait pas qu’on retrouve les deux dans mes notes (dans « mon corpus » comme tu dirais).
Je me suis posé la même question à propos d’une autre expression, liée aussi au Web : écrirais-je plutôt « j’ai cherché sur Google » ou « j’ai cherché dans Google » ?
J’ai l’impression que la première solution m’est plus naturelle, mais encore une fois les deux sont imaginables. Or, je n’ai aucun doute quand j’écris « j’ai cherché dans le dictionnaire » (pardon, « dans un dictionnaire ») ou « j’ai cherché sur Internet ». C’est sans doute lié à la matérialité du médium (et voilà que je recommence à parler comme toi…).
Pour couper court, certains vont dire que ça n'a rien à voir, que c'est une question de correction (comme « je l'ai lu sur le journal » serait une version populaire - donc forcément moins correcte - de « je l'ai lu dans le journal »). Je ne suis pas convaincue du tout. J’ai vraiment le sentiment que ça a une signification particulière, d’employer l’un ou l’autre.
Peut-être que j'exagère un peu, mais ça me semble révélateur de la relation qu’on entretient avec l'outil. Ainsi, Google serait à mi-chemin entre un truc virtuel, plat, éloigné (d’où l’emploi du « sur »), et un véritable univers, profond, consistant (d’où le « dans »). La preuve, c’est que ça ne marche pas pour les autres moteurs de recherche, moins « sexys ». Je ne dirais jamais « J’ai cherché dans Yahoo ! » par exemple...
(Qu'est-ce qu'il devait bien s'amuser, Wilmet !)
00:35 Publié dans C'est-à-dire | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : sur, dans, blog, Google
04.10.2007
Bande de coincés
Quelqu’un est arrivé sur mon blog en tapant le mot « bandante » dans un moteur de recherche. Je n’ose même pas imaginer le nombre de pages qu’il a visitées avant d’arriver chez moi…
Tu as raison, je me lâche plus au niveau du vocabulaire sur ce blog que la vie. En vrai, je n’emploie pas beaucoup des mots comme ça. Tu sais comme je suis prude parfois.
J’ai remarqué que mon correcteur orthographique était aussi un coincé (du cul, dirais-je ici). Le mot « bandante » justement, il ne le connaît pas. Le plus marrant, c’est qu’il accepte sans problème qu'on écrive « bandant » en revanche. Comme si le participe présent était moins vulgaire que l’adjectif. J’imagine pourtant que, sur les blogs, on retrouve nettement plus souvent la phrase « Ma voisine d’en face est super bandante » que des trucs du genre « Bandant son arc d’un geste élégant, le chasseur visa le chevreuil ».
23:10 Publié dans C'est-à-dire | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : bander, correcteur orthographique
16.09.2007
Mots d'amis ou d'amours
Ce qui m’attache beaucoup aux gens, ce sont leurs petites manies de langage.
Mon meilleur ami a tendance à utiliser des expressions un peu précieuses, c’est charmant. Vendredi soir, j’ai encore souri quand il m’a expliqué qu’il voulait qu’on aille boire un verre dans un café situé « sur le flanc gauche de la Bourse » (il n’est pas fan de foot pourtant, mais « le côté » lui semblerait vulgaire sans doute).
Le plus drôle, c’est quand il se trompe dans le sens des mots. Par exemple, il va dire que « c’est le pataquès », en parlant de l’état de son appartement (il est assez bordélique). J’ai beau lui dire que le terme s’applique à une situation, il n’en démord pas (il est têtu). Je crois qu’il trouve le mot tellement joli qu’il refuse de le retirer de son vocabulaire courant (c’est un esthète).
Dans un registre moins châtié, mon ex avait lui aussi une série d’expressions bien à lui. Je me souviens de sa façon de parler de « son arbre » pour désigner son portefeuille (qu'il perdait tout le temps) ou de ses déclarations tonitruantes comme quoi il s’en foutait « comme des couilles du pape » (c'est un bouffeur de curés). Au début de notre histoire, quand on lui demandait « Ça va ? », il répondait toujours : « Comme une couque » (ça voulait dire qu’il allait très bien).
Il tient cette manie de sa mère, je pense, qui se défend pas mal avec les expressions saugrenues. Elle y mêle même des « brides » de wallon, et pourtant « dieu sait » que ce n’est pas le genre (elle est plutôt proutprout).
Depuis qu’on n’est plus ensemble, j’ai remarqué qu’il avait ajouté de nouvelles expressions à son répertoire. Maintenant, quand on lui demande « Ça va ? », il répond : « C’est pas pire » (il en a fini avec les pâtisseries). Je crois qu’il a piqué la formule à une de ses nouvelles conquêtes, mais je ne veux pas savoir laquelle (il les enchaîne).
Au travail, il y a de quoi faire une encyclopédie des expressions particulières à chacun. Mon collègue le plus proche aime faire dans les approximations (il est comme ça). Ça me fait toujours rire quand il dit « Tu m’as enduit avec de l’erreur » ou « Ça ne sera pas fait avant les années bissextiles » (il l’a piquée à Jamel Debouzze, celle-là).
Et toi. Tu en as plein aussi, des petites formules qui m’attendrissent, parce qu’elles n’appartiennent qu’à toi. Tu aimes jouer avec les mots, c’est sûr (ce n'est pas pour rien que tu es fan de Vian et Queneau). Ça me manque, de t’entendre, si tu savais...
Alors, j’écoute des interviews de toi sur Internet (tu es un homme médiatique). Je retrouve tes petites expressions toutes faites. Dans l'une d'elles, tu disais, à propos d’une pâtisserie - décidément, on y revient -, que la recette tenait « de l’art de raccommoder les restes » (tu es un poète, à moins que tu ne l’aies simplement pas fait exprès).
18:20 Publié dans C'est-à-dire | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : expressions
30.08.2007
Foutus pronoms personnels
Tiens, comme je parlais boulot à l'instant, et puisque tu es si malin, est-ce que tu peux répondre à ça ?
Comment fonctionne l'emploi des pronoms personnels autres que ceux de la troisième personne avec des verbes comme « se coltiner » ? Bon, je sens que je ne suis pas claire là, je vais te donner un exemple, ça sera plus facile. Ou plutôt t’expliquer le contexte.
Ma chef me dit tout à l’heure : « Pour le projet de blog, je me mets comme pilote avec toi, gamine » (elle aime bien les surnoms ridicules, et employer des termes barbares comme « pilote », il faut s'habituer). Et de poursuivre : « Bah oui, tu vas devoir te me coltiner. Enfin, te coltiner moi. Merde, comment on dit ça déjà ? » (elle est pas toujours polie non plus).
Je suis le Maître Cappello de service (avec deux « p » évidemment) au bureau. Mais là j’avoue que je n’ai pas pu lui répondre. C’est le même problème avec « te taper » ou « s’envoyer » d’ailleurs.
Avoue, ça fait très con de dire : « Tu aurais mieux fait d’y penser avant de te me taper » ou « avant de te taper moi » (et là, je trouve que ça sonne un peu comme du créole).
20:50 Publié dans C'est-à-dire | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : se coltiner, pronom
Explorateur
Pour une fois, ce soir, j'ai écouté le journal télévisé (d'une oreille, hein, en lisant les blogs).
Y avait toute une polémique sur la pertinence du nom trouvé pour le nouveau peut-être-sauveur-de-notre-beau-pays : explorateur. Di Rupo (je crois que c'était lui, mais bon, j'écoutais d'une oreille j'ai dit) s'indignait, en disant que ça évoquait les grandes découvertes, Christophe Colomb et la rencontre pas très pacifique de cultures très différentes.
Je ne fais pas de politique (et je me fous de l’avenir de la Belgique). Moi, quand on me dit « explorateur », je pense à l’explorateur de Windows ou à Internet Explorer (même si j’utilise Firefox, comme tout le monde).
J’ai la même déformation quand je lis une carte de restaurant. Quand on me parle d’ « onglet à l'échalotte », je ne peux m’empêcher de penser à l’en-tête de « mon » Intranet.
20:10 Publié dans C'est-à-dire | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : explorateur, Internet, déformation, onglet
05.08.2007
Entre parenthèses
Ça m'étonne vraiment que tu aimes ce que j'écris en ce moment. Ce n'est pas très passionnant. Le dernier message que j'ai publié, par exemple, a dû te gonfler complètement. Désolée, mais c'est aussi un aspect de me personnalité, de parler boulot. Avec lui, on n'arrêtait pas. Et j'aimais bien ça, bizarrement.
Je trouve que mon style s'est beaucoup détérioré depuis mon dernier blog. Je suis moins exigeante avec la forme (même si je le suis quand même un minimum). Il y a des répétitions, des termes inadéquats.
Tu as dû remarquer que j'ai toujours cette fâcheuse tendance à abuser des parenthèses. C'est pratique, les parenthèses, ça sert à tout. Mais c'est quand même un peu moche. Ça sent la fille qui n'avait pas envie de se fouler à torcher une phrase avec des subordonnées. Je n'ai jamais été très à l'aise avec les phrases complexes. Mais ici j'ai encore moins envie de me casser le cul. Je ne suis pas là pour faire du joli.
20:50 Publié dans C'est-à-dire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : forme, parenthèse
30.07.2007
Du tact au talc
Ma collègue, qui vient de Mouscron, utilise toujours des expressions "à coucher dehors". Elle vient d'en utiliser une que je trouve très drôle :
"Le tact, pour lui, c'est de la poudre qu'on met sur les fesses des bébés".
Je la ressortirai.
09:25 Publié dans C'est-à-dire | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : expression, tact, talc

