06.10.2007
Le Vomi
J’étais tranquillement en train de lire Dernier inventaire avant liquidation de Beigbeder, histoire de me cultiver à bon marché (j’ai quand même réussi à me faire arnaquer, car il manquait une trentaine de pages au bouquin, ça arrive il paraît). Et voilà que cette citation me « saute aux yeux » :
« Tout existant naît sans raison, se prolonge par faiblesse et meurt par rencontre ».
Sans raison. Faiblesse. Rencontre.
La coïncidence est troublante : je pense justement beaucoup à toi ces jours-ci (« on » me faisait remarquer l’autre jour qu’on était le 4 octobre. Moi non plus ça ne me dit rien, rassure-toi, mais « on » prend toujours plaisir à me rappeler que c’est la date de notre malheureux « moment d’égarement », sur une musique - d'ascenseur - de Calogero).
Je me demande si tu connaissais la petite phrase du vieux Jean-Paul quand tu as choisi ton fameux surnom. Certainement...
Je ne me prononcerai pas sur la pertinence de l'affirmation : il y a bien longtemps que nous ne discutons plus de philosophie ensemble (il y a bien longtemps que nous ne discutons plus ensemble tout court).
Mais ce qui est sûr, c’est qu’elle a de la gueule, cette citation. Existentielle à souhait, bien construite, quasiment irréfutable (moi aussi j’aime utiliser des phrases en trois éléments, y a pas de raison). Le genre de truc que les petits frimeurs écrivent sur leur farde à l’adolescence, pour draguer les premières de classe...
[Tu es le premier à me faire écrire une citation bateau sur mon blog. Va savoir pourquoi, ça ne m’étonne pas vraiment]
21:40 Publié dans Je me livre, Rééducation sentimentale | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sans raison, faiblesse, rencontre, sartre
22.09.2007
Ecrire (des SMS) pour une idole à trompe
Non, je ne me suis pas trompée de destinataire. C’était « une performance ».
Mon ami était en train de me parler d’une de ses admiratrices, qui ne lui donnait plus de nouvelles. Il me disait qu’elle avait un certain talent pour les déclarations farfelues, qu’il aimait ça, même si souvent il se foutait de sa gueule. Un jour, après des semaines de silence, elle lui avait envoyé un SMS qui disait juste : « Michel Foucault ». Je me souviens qu’il nous avait montré le message en question à l’époque, et qu’on avait bien rigolé. Cette fille passait pour une vraie folle. N’empêche que maintenant il a envie de la recontacter.
Tu vois, je n’ai fait que copier, c’est nul. Il me racontait cette histoire que je connaissais déjà, et j’ai pris mon GSM impulsivement pour composer ce message débile.
Sauf que je n’étais plus sûre à cent pourcents de l’orthographe du nom du philosophe. En plus, comme je ne connais rien sur lui, ça me semblait un peu usurpé de te balancer son nom comme ça (le surréalisme a ses limites quand même). Mon inculture fait peur parfois : je pensais qu’il avait un lien avec cette histoire de « Pendule de Foucault » avant d’aller vérifier sur Wikipedia. J’ai bien fait de m’abstenir (pour l'hypothèse hautement improbable où tu aurais réagi).
Oh, tu sais, je ne suis pas beaucoup plus calée sur André Malraux en fait. Mais j’ai L’Espoir dans ma bibliothèque (je l’ai commencé dix fois, je le finirai sans doute un jour) et j’ai analysé des extraits de La Condition humaine à l’école. Le seul livre que j’ai lu en rapport avec lui, c’est une biographie (ou une autobiographie ?) de sa femme, Clara. J’étais très jeune quand je l’ai lue, mais j’en garde un bon souvenir.
Je ne suis pas sûre que tu aies apprécié le geste (ni ta copine d’ailleurs, qui risque de croire que mon message est une réponse à quelque chose - je te jure que je n’y pensais pas en le faisant). Moi, ça m’a fait rire en tout cas. Ça a aussi beaucoup plu à mon ami, qui adore quand j’agis impulsivement.
Je crois que si je t’aime à ce point, c’est parce que tu arrives à me faire faire des choses comme ça. Je voudrais être ce type de fille, prête à tous les ridicules par amour. Ça plaît rarement aux hommes, je sais, mais moi ça me plaît - c'est ce qui compte.
12:25 Publié dans Je me livre, Rééducation sentimentale | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : performance, SMS, Foucault, Malraux, L'Espoir
15.09.2007
Comme à Ostende
Du côté d’Ostende ne m’a pas duré trois trajets de train. Ca m’énerve, quand je me fais avoir comme ça. C’est un peu de ta faute d’ailleurs (je ne comprends vraiment pas comment ta copine a pu pleurer en lisant ce stupide bouquin).
Harpman est une sale vieille arnaqueuse, je trouve. Une opportuniste qui se fout du monde.
Evidemment, que j’allais l’acheter, la « suite » de La plage d’Ostende. Toutes les midinettes qui se sont mouillé les yeux avec délectation sur l’histoire d’Emilienne et Léopold allaient l’acheter. C’était forcé. C’est pour ça d’ailleurs je suppose qu’elle a placé dans le titre le mot « Ostende » : pour appâter les pleureuses.
Comme une pauvre poire, je suis tombée dans le panneau. Je me suis précipitée chez Molière dès que tu m’as parlé de l'édition en poche (tu sais que je suis radine pour les livres, j’ai du mal à acheter les éditions originales – c’est plus pratique pour le train de toute façon). Et voilà, je suis hyper déçue maintenant.
Elle ne s’est vraiment pas foulée, sur ce coup-là, l’écrivaine à la tête de caniche. Bien sûr, elle écrit toujours correctement, elle sait faire des phrases comme on n'en fait plus. Mais c’est le procédé qui est scandaleux. Si on retire les passages presque repompés tels quels du premier volet, il ne reste plus grand-chose. Une vague histoire de pédés diluée dans du vent (la référence à Du côté de chez Swann est d’ailleurs assez grotesque).
Se plagier soi-même, c’est le comble je trouve – au moins elle ne pourra pas s’intenter de procès.
Note bien que je ne m’attendais pas à un miracle. Les derniers romans d’Harpman me sont tombés des mains. C’est d’un chiant… Mais La plage (comme on dit « Le Voyage », toutes proportions gardées), c’était quelque chose.
Je vois bien que toi tu n’es pas si enthousiaste. Tu te forces à le terminer, pour me faire plaisir (tu n'es pas obligé, franchement). C’est que tu es un homme, tu ne peux pas comprendre (quoique, Fred avait aimé – et c’est un homme malgré tout). Je crois qu’il faut avoir été bercé(e) d’histoires de princes charmants pour apprécier. A mon avis, toi, on devait plutôt te raconter des histoires de sorcières pour t’endormir quand tu étais petit...
Mais pour moi, qui suis bien une femme, de la pire espèce (celles qui croient aux princes charmants - avec un « x » et un « s » quand même, parce que j’ai passé l’âge), c’est un livre culte. Je le relis à chaque nouveau chagrin d’amour. Et à chaque fois je fonds comme une liseuse de romans Harlequin quand Léopold « voit » Emilienne.
Tu comprends que ça me fasse de la peine de lire un truc aussi fade comme suite. Je suis sans doute trop dure avec ce roman, c'est sûr, mais c’est que je suis déçue. Même les bouquins me déçoivent maintenant, c’est triste...
01:05 Publié dans Je me livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : roman, Du côté d'Ostende, La plage d'Ostende, déception
11.09.2007
Chiche qu'on l'écrit
Je l’ai lu, le bouquin du blogueur.
J’étais toute prête à critiquer, mais non, ça va. Ce n’est pas révolutionnaire dans la manière, mais c’est honnête : il sait écrire correctement. On ne sent presque pas les tics de langage bloguiens. L’histoire est cousue de fil blanc (tellement que ça pourrait faire un best seller), mais c’est quand même agréable à suivre. Derrière les clichés, il y a des éléments intéressants. Ce qui est appréciable, surtout, c’est qu’il ne se fout pas du monde. Il fait son boulot d’écrivain sérieusement. J’ai moins regretté mes 20 euros en achetant ce bouquin que quand j’ai craqué sur le dernier Beigbeder (beurk).
Tu écris encore parfois « pour toi » en ce moment ? [C’est évidemment n’importe quoi de dire « pour toi », je devrais mieux dire « pas tout de suite pour les autres » - mais je m'éloigne du sujet]. Tu devrais, ça te ferait du bien. D’essayer de construire un truc un peu à long terme, pour changer des écrans. Vu la quantité de mails que tu écris par jour, tu pourrais y être vite, tu sais. Tu ne m’en parles plus en tout cas…
Je vais m’y mettre un jour moi aussi. D’ici un an ou deux, quand mon boulot m’accaparera moins. Ce n’est pas très original comme projet, je sais, mais je m’en fous. Je ne le ferai pas pour être originale.
Un jour, c'est sûr, l’envie d’écrire me reprendra, et je n’ouvrirai pas de blog (celui-ci sera fermé depuis longtemps). J’achèterai un bon ordi et des blocs de feuilles à spirale. Je prendrai peut-être même une pause-carrière si c’est possible (ça ne me fera de toute façon pas de tort de me reposer un peu).
Tu me connais, je ferai ça sérieusement. Je gribouillerai des plans, je dresserai des listes de personnages (hors de question que je reprenne mes prénoms habituels), je repérerai des lieux sur une carte de Bruxelles. Il faudra que j’apprenne à écrire des dialogues aussi. Ça va être du boulot…
Ce que je veux, c’est écrire une histoire toute bête, du genre que ma mère pourrait prendre plaisir à lire. Pas sûr que ça te plaira à toi d’ailleurs. Ça risque d’être trop racoleur à ton goût. Mais tu sais que j’ai toujours eu un faible pour les romans « faciles »...
Oh, ce n’est pas pour tout de suite de toute façon. Je ne suis pas pressée. Si tu veux, je te laisse la primeur. Tu pourras me pistonner auprès des éditeurs comme ça.
Chiche ?
23:25 Publié dans Devine ce qui m'est arrivé, Je me livre, La vie des autres | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : écrire, Hors jeu, projet
19.08.2007
A plus d’un titre (environ 430.000 occurrences dans Google)
Tu sais comme j’aime les titres qui friment. Et La première gorgée de bière, ça frime. Je fais toujours attention à ce genre de chose quand j’écris : les titres, les sous-titres, les inter-titres ou, dans le cas du blog, les noms des catégories. Il suffit de pas grand-chose pour attirer l’attention. Détourner une expression courante, jouer sur la paronymie, les sonorités, les images,… Ce sont des procédés que je maîtrise plus ou moins bien, en tout cas beaucoup mieux que quand il s’agit de tenir la distance, ne serait-ce qu’au niveau d’une seule phrase.
Le problème est qu’il faut éviter de tomber dans le déjà trouvé mille fois. Personnellement, quand j’ai un doute, je tape la formule dans Google. On est souvent surpris du résultat. On croit parfois qu’on tient une formule super originale, puis on découvre qu’elle est déjà sortie plein de fois. Et pas toujours sous des plumes très reluisantes d’ailleurs. Moi je dis : vive le progrès… et les moteurs de recherche qui nous sauvent du calembour ridicule et éculé.
La capacité à « faire » des titres n’a rien à voir avec le talent littéraire. C’est un autre métier, je trouve. Ça tient plus de la communication ou de la publicité que de la littérature. C’est d’ailleurs sans doute pour ça que je m’en tire mieux à ce niveau. Au boulot, c’est quand même plus ce qu’on attend de moi, même si j’ai rarement l’opportunité de pouvoir laisser libre cours à ma "créativité" (avant mes congés on a bossé sur une nouvelle « signature » pour ma boîte, je me suis amusée comme une petite folle – tu aurais trouvé ça pathétique, toi).
Quand je lis les blogs au hasard (j’y passe pas mal de temps en ce moment), ça me joue souvent des tours, d’être attentive aux titres. On est souvent déçu. Certains titres me font de l’œil quand je les vois sur la page d’accueil de Haut et Fort (ou d’ailleurs), puis quand je clique sur le lien le soufflé retombe. C'est gonflant.
(Il faut vraiment que j’arrête avec ces images pourries – et avec les parenthèses aussi. L’approximation, ça passe encore pour les titres, mais il faut être sérieux quand on s’attaque au corps).
18:30 Publié dans Je me livre, J'ai un blog, mais faut pas le dire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Delerm, blog, titre, google
30.07.2007
Catch 23
Ils avaient plus Catch 22 à ma librairie. Alors j’ai pris Catch 23.
Au cas où tu le saurais pas (m’étonnerait), c’est un recueil de nouvelles. Je viens d’en lire quelques unes dans le train, et bien je trouve ça vraiment bien.
La première nouvelle s’appelle « Je ne t’aime plus ». Déjà, j’aime beaucoup le titre. C’est l’histoire d’un type qui retourne chez lui (après la guerre, on suppose) et qui a du mal à se réadapter. Il se dispute violemment avec se femme.
Le gars en question a beaucoup de toi, je te le dis tout de suite. Ce dialogue me plaît particulièrement :
« Je ne t’aime plus ».
Elle se redressa vivement, comme si ces derniers mots l’avaient giflée. « Ce n’est pas vrai, dit-elle.
- Non, dit-il. Mais c’est pourtant le cas. C’est comme ça et tant que ce sera comme ça, autant affronter la réalité en face.Il serait absurde de faire traîner un truc désagréable. La gentillesse veut qu’on se serve d’un couteau parce que le cadavre refroidit plus vite ainsi. »
Avant il parle de Gershwin et c’est pas mal non plus. Contre toute attente, l’histoire finit bien.
19:12 Publié dans Je me livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : livre, Catch 23, Je ne t'aime plus

