12.08.2007

Dans un grand Boeing bleu de mer

Je l'avoue : j’ai toujours une dent contre ta copine canadienne (et je soutiens qu’il y a de quoi). J’ai donc à chaque fois une pensée émue pour elle quand je vais sur le site de la ville de Montréal. 

Rassure-toi, je ne compte pas partir en vacances dans cette ville (je ne sais pas pourquoi mais elle est connotée très négativement dans mon esprit : je l’imagine peuplée de clichés sur pattes avec un affreux accent, de Céline Dion et de castors). 

C’est la conception du site Web en lui-même qui m’intéresse. Dans mon travail, je dois faire attention à ce qu’on appelle « l’accessibilité » des sites. Il faut savoir qu'en tant que service public, on est obligé de respecter certaines règles dans ce domaine. En gros, il s’agit de veiller à ce que les sites puissent être utilisés par tous, y compris les aveugles, les daltoniens, les sourds, les manchots, etc. Il y a toute une littérature sur le sujet sur Internet, je te passe les détails (c'est assez technique et chiant). 

A Montréal, ils poussent le bouchon encore plus loin, car ils ont prévu une version de leur site adaptée aux personnes qui présentent une « déficience intellectuelle » (j'adore leur sens du politiquement correct). Ils prévoient un texte simplifié (des phrases courtes, des mots simples, pas trop d’informations en même temps) et/ou une « ortograf altêrnativ » assez drôle. C’est par là si tu veux jeter un coup d’œil (et pour info la façon dont je viens de faire ce lien, c'est "très mal" en terme d'accessibilité). 

Ca a l'air d'être du sérieux, ce site. Je n’ose même pas imaginer le fric qu’ils ont consacré à ça. Les Canadiens, y a rien à dire, ils savent mettre les moyens quand ils veulent. Et ils ont une façon toute particulière d’aborder « la différence ». Nous, on n’oserait jamais faire un truc comme ça (on prend aussi certains de nos utilisateurs pour des débiles mentaux, mais on n’irait jamais le dire aussi clairement). On a tout à apprendre de nos amis venus du froid...