19.10.2007

Baby-sitting

Je garde ma petite filleule ce soir. Elle est mignonne, blonde, avec d’énormes yeux bleus. Elle va avoir deux ans dans quelques jours.

J’ai réussi l’exploit de la détourner une petite demi-heure de Oui-Oui, dont elle est fan. On a dessiné. Je lui ai montré qu’on pouvait dessiner sa main en tournant autour avec un bic. Elle m’a montré comment elle faisait bien les escargots. On a dansé un slow langoureux, elle debout sur mes pieds, avec son doudou entre nous, sur Ah vous dirais-je maman. Puis, je l’ai mise au lit, je lui ai donné sa tétine, son doudou, sa musique, et je lui ai fait un bisou. Elle dort dans la pièce à côté, comme un ange.

Je passe souvent pour une fille compliquée, je sais bien. Pourtant, je ne demanderais pas mieux que d’avoir plus de soirées comme celle-ci. Je ne suis ni cynique, ni blasée. Une vie de famille, toute bête, ça me plairait. Quand je vous vois tous, au boulot, avec vos enfants, vos maisons et vos monospaces, ça me fait quelque chose.

Hier par exemple, quand notre collègue est venue montrer sa petite fille, j’ai écrasé une larme. Même que la secrétaire l’a vu et qu’elle avait l’air étonnée. Elle m’a fait un sourire gêné et m’a touché l’épaule pour me réconforter. C’était gentil. Je crois qu’elle n’en revenait pas, de me voir quitter un peu mon rôle de machine. Moi, la Bruxelloise, célibataire, intello, que je puisse être touchée par une petite abeille de cinq semaines dans une poussette dernier cri, elle ne s'en doutait pas.

J'ai essuyé la larme et je me suis replongée dans mon écran. C'est qu'à vingt-huit ans, faire du baby-sitting, je trouve que c'est navrant.