11.12.2007

C'est un scandale

Je scrute moins mes statistiques en ce moment. Pourtant, je devrais. 

Quelqu’un est arrivé sur mon blog en tapant mon adresse e-mail dans Google (un Bruxellois - j’aime autant car je me dis que ce n’est pas un collègue). Y a vraiment des tordus. Comme ça au moins je me sens moins seule… Sans rire, je me demande de qui il s'agit. L'idée qu'on me cherche me plaît assez.

Par contre, ce que je n’aime pas du tout, c’est tomber sur des sites de cul en regardant l’origine de mes visiteurs. Pas sur des gentils blogs érotiques comme en tiennent certains de mes lecteurs, mais sur des gros sites commerciaux bien laids en anglais avec des gros plans et un design à gerber. Ça m’est arrivé tout à l’heure, ce n’est pas la première fois et il y en a marre.

Ce sont des vicieux, les sites de cul. Leurs spams prennent des formes insoupçonnées. Je ne sais pas comment ils font ça, mais c’est scandaleux. Je déteste être agressée par ce genre d’images dégueulasses alors que je suis tranquillement en train de jouer à Big Brother. Ça me désole que mon blog tout nimbé d’innocence soit touché par cette crasse.

29.10.2007

Camembert

Ce sont mes statistiques pour octobre (sans compter cette note-ci).

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Tu vois que ce n’est pas vrai. Qu’il n’y a pas une note sur deux qui lui est destinée. Juste une sur quatre. Y a pas à discuter, c'est indiscutable, objectif : les chiffres.

Tu fais un beau score quand même toi aussi. Je crois qu’octobre est ton mois le plus performant depuis le début de ce blog.

Et je me rends compte par la même occasion que j’écris de plus en plus pour personne (c'est déprimant)...

[C’est mon papa qui serait content d'apprendre que je fais des exercices en Excel !]

19.10.2007

Strictement professionnel

Parmi les brouillons qui traînent pour toi dans ma messagerie, il y a moins de déclarations d’amour enflammées que de messages d’ordre professionnel.

Ainsi, hier, je cherchais des exemples de sites qui mélangent blog et wiki. Il est évident que ça doit exister, un éditeur de blog qui permette soit de poster des notes normales, soit des notes éditables par les lecteurs. Mais je n’en connais pas. En temps ordinaire, je t’aurais envoyé un mail pour te demander, et tu aurais répondu dans le quart d’heure.

Des fois, je regrette que tu ne sois pas venu travailler avec moi finalement. Bien sûr, ça aurait été compliqué à gérer, mais je suis sûre qu’on aurait fait une super équipe tous les deux.

J’ai un peu expliqué à ma chef notre histoire, en restant très nébuleuse sur la chronologie (d’ailleurs même pour moi ce n’est plus très clair). Elle dit qu’on a eu chaud, que ça aurait été de la folie. Mais je ne sais pas, je ne suis pas sûre. Je pense que si on avait été obligés de se voir, on n’en serait pas là. La brouille serait finie depuis longtemps.

Les nouveaux qu’on a engagés pour le job n’ont pas de chance. Une des filles est très malade, en standby pour au moins un an, l’autre a des gros problèmes familiaux. Le garçon est super sympa (et pas trop mal physiquement), mais il ne connaît rien au Web. Pour le moment, il ne m’aide pas beaucoup.

Je suis persuadée que si toi tu étais là, au bureau d’en face, tu te serais déjà rendu indispensable.

J’aime bien ta compétence. Dit comme ça, c’est ridicule, je sais bien. Pourtant je suis sérieuse. Dès la première fois où on s’est parlé, ça a compté. Le fait qu’on travaille dans le même domaine, qu’on puisse échanger là-dessus. Ce n’était pas qu’une couverture, qu’une façon de t’aborder, j’aimais réellement ces discussions anodines, pas du tout sentimentales.

Je ne t’envoie plus de mails pour des trucs comme ça, professionnels, maintenant. De toute façon, tu ne répondrais pas, tu croirais à un piège. Mais sache que ça me fait bien râler.

Sur / Dans

Je me rappelle qu’il y a dans ton mémoire une partie où tu analyses l’utilisation des expressions « écrire sur mon blog » et « écrire dans mon blog ». 

Si mes souvenirs sont bons, tu fais un rapprochement (ou tu montres la différence ?) avec la manière de parler de son journal intime. J’avoue que je ne sais plus dans quel but tu fais ça ; j’imagine que que c’est tout à fait cohérent et pertinent dans ton analyse médiologique. Mais bon, j’ai oublié - il faut dire que c’est quand même assez complexe, ta réflexion, et qu’il est tard (et puis de toute façon il serait malhonnête de ma part de te piquer tes théories pour donner une allure intello à mon pauvre blog de midinette). 

Personnellement, je crois que j’ai plutôt tendance à écrire « sur mon blog ». Mais les deux sont possibles, d’ailleurs ça ne m’étonnerait pas qu’on retrouve les deux dans mes notes (dans « mon corpus » comme tu dirais)

Je me suis posé la même question à propos d’une autre expression, liée aussi au Web : écrirais-je plutôt « j’ai cherché sur Google » ou « j’ai cherché dans Google » ? 

J’ai l’impression que la première solution m’est plus naturelle, mais encore une fois les deux sont imaginables. Or, je n’ai aucun doute quand j’écris « j’ai cherché dans le dictionnaire » (pardon, « dans un dictionnaire ») ou « j’ai cherché sur Internet ». C’est sans doute lié à la matérialité du médium (et voilà que je recommence à parler comme toi…). 

Pour couper court, certains vont dire que ça n'a rien à voir, que c'est une question de correction (comme « je l'ai lu sur le journal » serait une version populaire - donc forcément moins correcte - de « je l'ai lu dans le journal »). Je ne suis pas convaincue du tout. J’ai vraiment le sentiment que ça a une signification particulière, d’employer l’un ou l’autre.

Peut-être que j'exagère un peu, mais ça me semble révélateur de la relation qu’on entretient avec l'outil. Ainsi, Google serait à mi-chemin entre un truc virtuel, plat, éloigné (d’où l’emploi du « sur »), et un véritable univers, profond, consistant (d’où le « dans »). La preuve, c’est que ça ne marche pas pour les autres moteurs de recherche, moins « sexys ». Je ne dirais jamais « J’ai cherché dans Yahoo ! » par exemple...

(Qu'est-ce qu'il devait bien s'amuser, Wilmet !) 

16.10.2007

Mais qu'est-ce que tu recherches au juste ?

J’ai l’impression que tu me nargues en évoquant une deuxième fois sur ton nouveau blog (à propos duquel je dirai sans doute un mot un de ces jours) les statistiques de consultation de ton site, et surtout les mots-clés qui y ont mené. 

Je pisse dans un violon, comme dirait mon ami. 

C’était pourtant poétique, de répondre à ton post « Pour qui vient-on sur notre super site ? » (je ne mets pas son vrai nom, comme tu vois) par une recherche sur : « Pour qui vient-on sur notre super site ? » + « pour TOI » (ni ton prénom, comme tu vois). 

Je suis sûre que ça aurait bien fait rire tes lecteurs pourtant. Peut-être même qu’ils auraient été attendris par mon pathétique : « Pourquoi vient-on sur notre super site » + « par amour ».

08.10.2007

Je vous regarde

Ça va, j’ai compris : j’ai modifié un peu mon texte précédent. Donner des dates, des lieux, des détails trop précis, c’est peut-être un peu dangereux, en effet. 

C’est génial, les blogs, pour qui aime communiquer de façon tordue. Il y a six mois, je n’aurais jamais imaginé qu’il était possible de se parler par statistiques interposées. Aujourd’hui, je le fais tous les jours. Je recoupe mes informations, je flique. Je suis le Big Brother de mon petit monde dérisoire.

05.10.2007

Au boulot !

J’aime bien les gens qui vont visiter mon blog de leur boulot. Surtout s’ils travaillent dans un grosse boîte, avec un réseau spécifique. C’est pratique pour les statistiques. 

Moi, par exemple, quand je vais voir mon blog au travail (ce qui est relativement rare étant donné que je suis avertie des commentaires par mail), je suis hyper repérable. Le nom de mon entreprise n’apparaît pas en entier dans Google Analytics (c’est trop long), mais quand même on me reconnaît bien. 

Parmi mes lecteurs, les profils sont assez variés. Il y en a qui bossent là où on ne vient plus par hasard (mais parce que n'a pas d'autre choix) et d’autres qui nous donnent l’énergie (de payer leurs factures mirobolantes ?). Il y a des chimistes, des syndicalistes et des universitaires. Il y en a même qui font de l’espionnage pour les États-Unis sous couvert d’échanges interbancaires (ça, ça me fait particulièrement plaisir). 

Moi, je n’ai malheureusement pas beaucoup l’occasion de lire les blogs de mon travail ces derniers mois (et je ne dis pas ça parce que ma chef lit). De toute façon, avec ces foutus PALC, pas mal de sites me sont interdits. Depuis peu, celui d’un de mes commentateurs les plus assidus est « websensé » comme on dit chez nous. La dernière fois que j’ai cliqué sur son lien, j’ai eu droit à un message bien culpabilisant, me disant que l’accès à ce site était refusé car il était répertorié sous la catégorie « Sexualité » (en même temps, il l'a bien cherché). C’est énervant.

08.09.2007

Je me morcelle, mais c'est pas grave

Je voulais répondre à ton mail ici (car avec toi ça ne pose pas de problème). Mais plus j’y pense, moins je trouve de quoi te répondre. A part : tu as tout à fait raison. 

Quand tu dis, à propos de mon blog :
« Et tout d'un coup tu écris les choses de ta vie comme si elles n'étaient rien, tu te racontes par petits bouts, tu te morcelles, tu minimises, tu mésestimes, tu te fous de ta propre tête, ou de la tête des gens... ».

C’est exactement ce que je recherche, donner une image morcelée de moi (parce que je suis en morceaux). 

Par contre, me foutre de la tête des gens, pas vraiment. Tu l’as deviné, même si je veux à tout prix donner une impression de détachement, c’est assez sérieux ce qui ce passe ici. L'enjeu n'est pas mince, et je compte beaucoup sur les gens au contraire (comme toujours d'ailleurs).

Je repense beaucoup à ton mémoire, à ta thèse. C’est un peu confus dans ma tête, mais il me semble qu’une des conclusions était que le blogueur n’était pas dans une bête démarche d’exposition, mais plutôt dans une quête d’identité.

Le morcellement me semble parfait pour ça. Dès le départ, c’était mon projet avec ce blog. Evoquer les différentes facettes de ma vie, même les plus insignifiantes, et laisser au lecteur la tâche – qui moi me dépasse – de reconstruire le puzzle. 

Tu sais bien que je suis toujours à la recherche de l’âme soeur. De quelqu’un (un homme) qui me comprendra parfaitement, et que je comprendrai parfaitement. J’avoue qu’ici je lui lance un beau petit défi. Mettre de l’ordre dans ce fouillis et me reconnaître malgré (ou grâce à) ce désordre, c’est coton. Mais on n’a jamais dit que c’était facile, l’amour. 

Je ne voudrais surtout pas que tu t’inquiètes pour moi. C’est sûr que je ne vais pas très bien en ce moment (ce qui m’est arrivé cette semaine m’a encore plus fragilisée – déjà que ce n’était pas brillant) mais, tu vois, je n’ai pas perdu cet espoir qui me fait vivre.

Donc, quand tu dis : « C'est que je pense qu'au lieu d'être une manière de survivre, ta façon de t'ancrer à mort dans la "réalité très concrète des choses" t'enterre », rassure-toi. On n’est pas prêt de m’enterrer (on n’enterre pas les gens vivants, par chez nous – et je suis bien vivante, je sens mon coeur qui bat).

04.09.2007

Ma liste diminue

Ça m'énerve. Je vais devoir barrer une idée de message sur ma petite liste pense-bête : « Évoquer le respect de la vie privée au travail (à l’ex) ».

C'est que j'ai appris aujourd'hui (avec sérénité, tu imagines) qu'elle n'est plus « l’ex ». Elle est l’actuelle, la re-nouvelle (et je suis toujours aussi sereine). Du coup, ça tomberait un peu à plat, mon histoire de confidentialité de la messagerie électronique. On pourrait se méprendre sur mes intentions et croire que c'est de la pure jalousie, alors que pas du tout en fait à la base. 

Plus que 32 sujets d'avance, ça devient chaud. 

26.08.2007

Autre inconvénient du « tu »

Parler en « tu » dans mon blog présente un autre inconvénient, dont j’ai oublié de te parler l’autre fois. A force d’écrire ici, je finis par ne plus ressentir le besoin (ou par ne plus avoir le cran) de dire les choses aux gens en vrai. 

Bon, avec toi par exemple ça ne pose pas vraiment de problème. On a trouvé un bon modus operandi. Tu t’attends à être régulièrement interpellée ici, mais tu ne comptes pas là-dessus pour savoir comment va ma vie. Avec mon système, on risquait de perdre le contact « réel », de tout faire passer par le blog. Mais non, heureusement. On continue à s’envoyer des petits mails au boulot. A se souhaiter « Bonne semaine » le lundi et « Bon week-end (tu as quelque chose de prévu ?) » le vendredi. 

Le problème est plus sérieux quand il s’agit de personnes avec qui je n’ai pas d’autre « correspondance » que celle « entretenue » « via » ce blog (tous ces guillemets s’imposent).

Lui, par exemple (à tout hasard). Depuis que j’ai ouvert ce blog, je ne lui inflige plus mes mails indigestes. Comme je me vide le coeur devant tout le monde, je n’ai plus besoin de le faire devant lui. C'est mieux en terme d'image de marque.

A priori, ça ne semble d'ailleurs avoir que des avantages – à condition évidemment qu’il ne lise pas mon blog.

Il a ce qu’il veut : la paix. Moi, je redore mon blason en faisant mine d’être devenue raisonnable et de respecter son désir de prendre du recul. En même temps, je peux quand même m’exprimer et m’épancher. Et je n’ai pas à me soucier d’obtenir ou pas une réponse : je sais d’avance que je n’en recevrai pas. 

C’est confortable comme situation, mais à la longue je finis par me sentir un peu minable. J’ai l’impression d’être une vieille folle qui parle toute seule. Ce n’est ni très courageux, ni très glorieux, de ruminer ainsi dans l’ombre. Je t'avoue que j’ai un peu honte en fait. Tout ça n’est pas très bon pour mon estime de moi… 

Et puis merde. Je crois que je vais lui écrire pour de vrai, bientôt. 

 

(Et pour répondre à ta question : si j’arrive à écrire autant, c’est que je n’ai pas de petits-déjeuners au lit à prendre avec mon copain, pas de barbecue à organiser, pas de lessives à faire, pas de repas à préparer, pas de belle-famille à aller visiter, etc. C'est tout con, il suffit d'avoir une vie pourrie.)

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