20.08.2007
You, your friends and you
Comme disait ta copine : je te tiens à l’oeil. Pour le moment, je vois que tu es sage. C’est bien. Tant que tu parles de boulot, de ton ami homosexuel et d’accidents de voiture, tu ne risques rien. Pas besoin de te dire que c’est dangereux, le blog. Tu es une grande fille, intelligente, et puis tu as vu ce que ça pouvait donner avec moi.
Ceci dit, je trouve très bien que tu écrives. On voit que tu as une bonne technique. Ça serait dommage de ne pas l’exploiter. Tu sais faire des phrases bien construites et tu as le synonyme facile, pas artificiel pour un sou. La traduction, c’est quand même meilleur pour la plume que la communication (qui plus est dans les administrations).
Concernant la forme en « tu », j’avoue que j’ai un peu tiqué quand j’ai vu que tu l’avais « empruntée ». C'est vrai qu’elle est pratique. Mais elle comporte aussi pas mal de dangers. Il faut ménager les susceptibilités : n’oublier personne, ne pas faire de jaloux. Sûre que tu commençais à trouver louche que je ne t’aie pas encore adressé de message par exemple...
Il y a aussi le côté malsain du truc, que je ne vois pas comment éviter. Quand on parle à quelqu'un alors que tout le monde lit (surtout quand, comme moi, on a tendance à rameuter toute la bande), on est forcément tenté de faire passer des messages à ces lecteurs, et pas à la personne à qui on fait mine de s'adresser. Ça peut être très pervers (et évidemment je suis déjà tombée en plein dedans). Je sais qu'il y en a à qui ça ne plaît pas du tout... (belle illustration de ce que je viens d'expliquer)
Depuis que j’écris à la deuxième personne, je suis beaucoup moins sincère, paradoxalement. Je fais plus attention à ce que je dis. Je me bride (et ce n'est pas un mal, mais je sais que certains de mes lecteurs sont déçus quand je viens avec des histoires de sites internet ou de factures à payer).
L’autofiction, c’était bidon, personne n’y a cru un instant. Mais je pouvais me donner l’illusion à moi-même que je faisais autre chose qu’uniquement lancer des bouteilles à la mer. Alors, je me lâchais plus dans les grandes déclarations (de haine, d’amour, de désespoir). Ici, de n'est pas du tout ce que je veux faire (et montrer de moi surtout - encore cette obsession de plaire qui me perdra).
Mais voilà que je parle encore de moi (on ne se refait pas). C’est toi qui es la "star" pour ce message. J'espère que cette petite aventure te fera du bien et qu'elle t'amusera. Prends-la avec légèreté surtout, avec douceur (tu as déjà choisi d'ajouter de la musique, ça adoucit les moeurs il paraît). Il ne faut pas que ça te pèse ou que ça te perturbe. Après tout, ce n’est qu’un blog, comme disait une amie proche - très mal placée pour dire ça - à l’homme de ma vie - qui n'en a pas cru un mot.
23:15 Publié dans J'ai un blog, mais faut pas le dire, La vie des autres | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : blog, conseils, deuxième personne

