31.10.2007
Tu vois le genre
Mon genre d’homme, donc. J’avais dit que je t’expliquerais.
[Pour ma centième note, je me dis que je peux assumer mon statut de blogueuse, et m’adresser carrément à un blogueur.
Le sujet n’a rien de particulièrement poignant - ni de très reluisant. C’est peut-être dommage pour un chiffre rond, mais après tout on cent fout des chiffres - et encore plus d’être reluisant(e)].
J’ai remarqué en vieillissant que je suis attirée par deux types d’hommes très différents, mais tout à fait identifiables. Ce sont de véritables archétypes. Je vais te les décrire tout de suite, mais d’abord il faut que j’explique, pour que tu comprennes.
Je suis tellement rodée à tomber systématiquement amoureuse des mêmes genres d’hommes que je finis par savoir les repérer à des kilomètres, ces types. Je les recherche même. Y a comme un radar dans mon cerveau qui exclut tout ce qui ne correspond pas à ces deux portraits-robots de mon champ de vision.
Je me rends bien compte que ce n’est pas très malin comme attitude (et que ça ne me réussit pas), mais je ne peux pas m'en empêcher. J’ai une sale tendance à mettre les gens dans des cases. Et puis, de toute façon, je n’ai pas envie de chercher autre chose : je sais ce que je veux et je sais que ça existe, donc je continue à chercher (je suis têtue, tu as déjà pu t'en rendre compte).
Alors, il y a d’abord les types sympa, ouverts, plutôt sportifs, plutôt beaux. Ils ont le visage expressif, les traits qu’on dirait taillés à la serpe. On ne peut pas les louper. Souvent, ils ont les yeux clairs. Et une grande bouche sensuelle. Et ils prennent bien le soleil. Ils ont un look cool, jeune, naturel. Le sweat à capuche leur va bien.
Avec ça, ils sont populaires, sociables, drôles, engagés dans la cité, et tout le monde les aime bien. Ils ont beaucoup de succès avec les filles. Cependant, ils ne sont pas légers. Ce sont des hyper-sensibles. On dirait des gamins, à se raccrocher à leurs idéaux de liberté, égalité et fraternité. Ils sont fondamentalement gentils, idéalistes et romantiques.
Quand je pense aux hommes « de ce modèle », je les imagine très souvent comme des petits garçons. Je suis amoureuse de l’adolescent qu’ils ont été, qui faisait du skate le mercredi et qui fumait des joints sous les aubettes avec ses copains. Je les trouve attendrissants et j’ai très envie de partir en vacances avec eux, en Corse par exemple.
Puis, il y a les crevettes. C’est beaucoup plus dangereux, les crevettes, surtout quand elles ne sont pas tout à fait fraîches : c'est dur à digérer.
Ce sont des types plutôt moches, pas rassurants, pas costauds, pas virils (ça vaut pour l’autre type d’ailleurs : je n’aime pas les macho men - et NON je ne suis pas une lesbienne refoulée). J’aime bien qu’ils aient les joues creuses, le teint plutôt pâle ou alors carrément cireux. Le regard fuyant ne me déplaît pas, au contraire (ça fait tellement plaisir quand il se pose sur toi, on a l’impression qu’il te choisit).
Moralement, ce sont des lâches et des tordus. Ils ne s’assument pas et se contentent malheureusement généralement d’une vie qui n’est pas à leur hauteur (c’est-à-dire souvent, de mon point de vue, d’une fille pas à leur hauteur).
On pourrait croire que ce ne sont pas des séducteurs, mais ils cachent bien leur jeu en fait. Car, étonnamment, eux aussi ont pas mal de succès avec les filles. La différence, c'est que là où l’autre type avait des fans, eux ont des genres d’adeptes.
C’est surtout avec les mots qu’ils les attirent évidemment, pas avec leur physique de rêve. Bah oui, ce sont des intellos. Mais pas des vrais intellectuels, professionnels, dont l’intelligence conceptuelle me dépasserait (je tiens à rester à niveau, c’est un principe). Ce sont juste des types qui étaient tellement seuls quand ils étaient adolescents qu’ils lisaient des encyclopédies.
Leur culture très large et très précise à la fois m’impressionne. J’adore leurs réparties spirituelles. J’ai très envie de parler avec eux des nouvelles technologies et de l’influence qu’elles ont sur la société contemporaine. Tout en sachant très bien que ce sont des pervers et qu’ils ne pensent qu’au cul (je n’y vois pas d’inconvénient majeur).
Évidemment, c’est un peu caricatural, ces portraits. Je pense à des exemples précis quand je les décris. Mais bon, je crois que c’est assez représentatif.
Je pourrais faire aussi un inventaire de toutes les caractéristiques (physiques et mentales) qui me rebutent. Te dire que je n’aime pas les gros, les mous, les paresseux, les radins, les fades, les foireux, les dépressifs, les poilus, ceux qui font les malins, les sûrs d’avoir raison, les gens de droite, les bigots, ceux qui croient au mariage, les cons et les racistes évidemment, les types qui ont l’accent du Sud, ceux qui font du banc solaire ou du quad, ceux qui portent des chemises à carreaux, etc.
Mais, tu as beau avoir passé pas mal de temps sur les sites de rencontre à une époque (à ce qu’il paraît), je doute que tu aies envie de jouer les marieuses et de me lire déblatérer. Donc, je m’arrête là.
C’était juste histoire de faire mieux connaissance (je crois que le type de personne dont quelqu’un tombe amoureux est très révélateur de sa personnalité).
00:00 Publié dans Rééducation sentimentale | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : types d'hommes, adolescents attardés idéalistes et sportifs, crevettes

