20.11.2007
Copropriété
Ça sent le poisson jusque dans mon bureau, c’est presque incommodant. Mes voisins espagnols font toujours des trucs à manger qui sentent très fort (et très bon). Sans doute pour me faire culpabiliser de me nourrir d’Aïki Noodles et de paella surgelée. Il faudrait qu’ils songent à m’inviter un de ces jours…
Les gens dans cet immeuble sont drôles.
Tout à l’heure, dans l’ascenseur, j’ai croisé ma bête jeune voisine du cinquième. Elle revenait de son cours de musique. Elle m’a expliqué qu’elle avait étudié les classiques, à Saint-Louis puis à Louvain-la-Neuve (évidemment). On n’a absolument rien en commun, elle et moi, à part notre âge et le fait qu'on soit nouvelles et célibataires. Elle a pour manie de coller des petites affichettes dans l’ascenseur à la moindre occasion. Si elle fête son anniversaire et qu’elle invite trois amis et ses parents, paf : un petit mot « Veuillez m’excuser pour ce désagrément, gnagnagna gnagnagna, vous n’avez qu’à monter boire le verre de l’amitié ». Si on lui livre un meuble, idem (sans verre de l’amitié). Je me demande si elle oserait planter un clou dans son mur sans rameuter tout l’immeuble...
Il y a aussi un repris de justice, je ne sais pas à quel étage ni dans quelle aile. Un fou dangereux qui se balade avec une brique dans sa poche et qui casse la porte d’entrée en verre quand il est énervé. J’avais vu les dégâts un soir en rentrant tard chez moi (même que j’ai eu un peu peur), mais je ne savais pas que le responsable était un des locataires de l’immeuble. Je l’ai appris lors de ma réunion de copropriété.
Je ne t’ai pas raconté ma réunion de copropriété. C’était épique.
Il y avait des personnages, tu aurais dû être là. La star, c’était un gros fasciste qui semblait trouver un plaisir énorme à emmerder le responsable du syndic. A ce que j’ai compris, les réunions de copropriété, ce sont ses petits instants de gloire, alors il en profite. Il avait préparé ça minutieusement. Il est venu avec des questions tordues et hyper précises sur les comptes et les relevés de charges (que moi je ne lis même pas tellement je n’y comprends rien). Il ne nous a épargné aucune remarque raciste et misogyne, au passage. Ce type possède apparemment pas mal d'appartements dans l’immeuble. Ça me réjouit d’être dans la même copropriété que lui, je dois dire…
Il faut savoir que les petites propriétaires comme moi n’ont rien à dire dans les réunions de copropriété. Quand il faut voter pour des décisions (genre travaux à faire, réserves d’argent à prévoir,…), on n'a pas beaucoup de poids. Je n’ai qu’une seule petite voix de rien du tout, alors que d’autres personnes possèdent plusieurs appartements et viennent avec plein de procurations (comme le gros monsieur fasciste par exemple). Je n’ai presque aucun pouvoir en fait. C’est ainsi que quand certains propriétaires ont évoqué l’idée de refaire le sol et les peintures du hall d’entrée, je n’ai eu qu’à la fermer. Ce n’est pas si catastrophique pour mes finances, on prendra les sous dans le fonds de réserve. Ça ne va presque rien me coûter directement, mais ça m’énerve quand même : je m’en fous moi de ce hall.
Après les formalités d’usage (élection du comité de gérance, reconduction du mandat du syndic) et les questions financières, on a abordé les divers. Ça a été le moment le plus drôle. Je te raconte.
Le gros type a râlé parce que certains ne fermaient pas correctement leur boîte aux lettres (il faut dire que la serrure est un peu mal fichue). Il avait noté le numéro des boîtes incriminées, comme au meilleur temps de la gestapo. Il a réussi à faire passer la décision qu’on remplace d’office les serrures des personnes concernées (25 euros quand même), pour leur faire les pieds. Les absents n’ont rien eu à dire, juste à payer. Moi, je m’en fous, ma boîte aux lettres était fermée, mais quand même c’est révoltant.
Puis, des dames se sont plaint que l’immeuble « n’était plus ce qu’il était ». Sale, paraît-il, mal fréquenté. Moi, je trouve que ça va dans l'ensemble. Je n’aime juste pas que certains se croient permis de fumer dans le hall. Ça pue la clope quand je sors de chez moi, c’est désagréable. Mais je n’ai rien osé dire lors de la réunion.
Le point d’orgue, ça a quand même été quand on a évoqué le problème crucial des gens qui mettent leur mains sur la porte vitrée de l’entrée (réparée entretemps) et qui laissent des traces. Un des membres du conseil de gérance (un type pas trop vieux et assez sympa, qui m’appelait Laurence alors que je ne lui ai jamais adressé la parole) a dit, pour rire : « On devrait relever les empreintes digitales ». Je n’ai pas osé évoquer le test ADN : ils auraient été capables de me prendre au sérieux, et qui c’est qui paie ? C’est bibi.
23:45 Publié dans Devine ce qui m'est arrivé | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : immeuble, réunion de copropriété

