15.09.2007

Comme à Ostende

Du côté d’Ostende ne m’a pas duré trois trajets de train. Ca m’énerve, quand je me fais avoir comme ça. C’est un peu de ta faute d’ailleurs (je ne comprends vraiment pas comment ta copine a pu pleurer en lisant ce stupide bouquin).

Harpman est une sale vieille arnaqueuse, je trouve. Une opportuniste qui se fout du monde.

Evidemment, que j’allais l’acheter, la « suite » de La plage d’Ostende. Toutes les midinettes qui se sont mouillé les yeux avec délectation sur l’histoire d’Emilienne et Léopold allaient l’acheter. C’était forcé. C’est pour ça d’ailleurs je suppose qu’elle a placé dans le titre le mot « Ostende » : pour appâter les pleureuses.

Comme une pauvre poire, je suis tombée dans le panneau. Je me suis précipitée chez Molière dès que tu m’as parlé de l'édition en poche (tu sais que je suis radine pour les livres, j’ai du mal à acheter les éditions originales – c’est plus pratique pour le train de toute façon). Et voilà, je suis hyper déçue maintenant.

Elle ne s’est vraiment pas foulée, sur ce coup-là, l’écrivaine à la tête de caniche. Bien sûr, elle écrit toujours correctement, elle sait faire des phrases comme on n'en fait plus. Mais c’est le procédé qui est scandaleux. Si on retire les passages presque repompés tels quels du premier volet, il ne reste plus grand-chose. Une vague histoire de pédés diluée dans du vent (la référence à Du côté de chez Swann est d’ailleurs assez grotesque).

Se plagier soi-même, c’est le comble je trouve – au moins elle ne pourra pas s’intenter de procès.

Note bien que je ne m’attendais pas à un miracle. Les derniers romans d’Harpman me sont tombés des mains. C’est d’un chiant… Mais La plage (comme on dit « Le Voyage », toutes proportions gardées), c’était quelque chose.

Je vois bien que toi tu n’es pas si enthousiaste. Tu te forces à le terminer, pour me faire plaisir (tu n'es pas obligé, franchement). C’est que tu es un homme, tu ne peux pas comprendre (quoique, Fred avait aimé – et c’est un homme malgré tout). Je crois qu’il faut avoir été bercé(e) d’histoires de princes charmants pour apprécier. A mon avis, toi, on devait plutôt te raconter des histoires de sorcières pour t’endormir quand tu étais petit...

Mais pour moi, qui suis bien une femme, de la pire espèce (celles qui croient aux princes charmants - avec un « x » et un « s » quand même, parce que j’ai passé l’âge), c’est un livre culte. Je le relis à chaque nouveau chagrin d’amour. Et à chaque fois je fonds comme une liseuse de romans Harlequin quand Léopold « voit » Emilienne.

Tu comprends que ça me fasse de la peine de lire un truc aussi fade comme suite. Je suis sans doute trop dure avec ce roman, c'est sûr, mais c’est que je suis déçue. Même les bouquins me déçoivent maintenant, c’est triste...