28.11.2007
ORL
Je suis de très mauvaise humeur ce soir, et il y a de quoi. J'ai la tête comme un seau mais pas du tout envie d’aller me coucher. Tiens, je vais te raconter, ça me passera les nerfs.
Il m’est arrivé une sale blague tout à l’heure au boulot.
Ca fait des mois que des ouvriers doivent venir percer une porte entre le bureau de ma chef et le mien (ou plus exactement entre son spacieux bureau et le minable plateau sur lequel je me trouve - hum hum). Aujourd’hui, miracle : ils sont venus. Mais ils ont fait ça n’importe comment.
Ils n’ont rien bâché, ce qui fait qu’il y avait plein de poussière sur mon ordi, mon écran, ma chaise de bureau et mes dossiers bien rangés (hum, hum). Avant qu’ils ne commencent, je leur avais pourtant demandé s’il fallait évacuer, mais ils ont dit que non, que ça n’était pas nécessaire. Les cons, ils ont tout salopé.
Qu’il y ait de mauvais ouvriers, c’est une chose, que je peux admettre (bien obligée, quand je vois le peu de conscience professionnelle que les gens se sentent autorisés à avoir quand ils bossent pour des administrations). Mais là, en plus, dans le tas, je suis tombée sur un abruti qui m’a littéralement fait mal. Aux oreilles. Je vais t'expliquer, tu vas voir c'est une histoire de fous.
Après avoir foutu le bordel en perçant la cloison, ils ont placé la porte. Je dois avouer que ça a été assez rapide. Il faut dire qu’ils étaient bien outillés. Ils avaient une super disqueuse, un super compresseur. Et un pistolet à clous très puissant, qui faisait un boucan pas possible (je comprends bien qu’il faut ce qu’il faut, mais tu verras dans la suite de mon histoire que j’ai de sérieuses raisons de râler contre ce pistolet et son propriétaire).
Comme ils faisaient ça à un moins d’un mètre de mon dos, clouer les chambranles, je sursautais à chaque coup de pistolet. J’aurais dû quitter ce bureau, évidemment, car il était impossible de se concentrer dans des conditions pareilles. Mais les types m'affirmaient encore que ce n’était pas la peine, qu’ils en avaient pour peu de temps. Comme une pauvre poire, je les ai cru.
Toujours est-il que mes sursautements (comment ça ce n'est pas français ?) faisaient beaucoup rire un des types. Un petit vieux rougeaud avec une gueule d’innocent du village.
J’imagine qu’il a voulu rigoler un bon coup sur mon compte (les fonctionnaires n’est-ce pas, ils ne sont bons qu’à ça…). Ainsi, quand il a eu fini de clouer tous ses petits clous, il s’est approché de moi par derrière avec son pistolet (déchargé, heureusement). Et là, il a pressé sur la détente et a fait une détonation « pour rire » à deux centimètres de mon oreille gauche.
Putain ce que ça fait mal. Je me demande combien de décibels ça représente, un boum comme ça.
Je n’ai même pas réagi directement. Ça sifflait dans mon oreille, j'étais un peu sonnée, et l’autre se marrait : « Allez, ce n’est que de l’air ».
Après avoir repris mes esprits, je lui ai dit que ce n’était pas drôle. Et surtout dangereux. Il ne s’en était pas rendu compte. Finalement, j’ai laissé tomber. Le type est reparti d’où il venait, et je n’ai même pas demandé son nom. Mes collègues étaient un peu médusés, mais bon ça s’est arrêté là.
Ce qui m’énerve particulièrement dans cette histoire (outre le fait que je ressens encore une petite douleur à l’oreille – mais c’est peut-être psychologique), c’est que c’est toujours à moi que les cons s’en prennent. Je crois que c’est parce que j’ai l’air très jeune. Je plains les enfants, qui doivent se faire emmerder à longueur de journée...
Je déteste me faire passer pour une victime (car je déteste les victimes), mais là j’avais vraiment besoin de raconter.
Je vais dormir, maintenant (en espérant que la petite gêne ait disparu demain matin - il paraît que ça se remet tout seul).
00:30 Publié dans Devine ce qui m'est arrivé | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : sale blague, ouvriers, pistolet à clous, tympan

